Accessoirement : Le nez dans le guidon

1930 : Poignée tournante ou manettes au guidon ? Sélecteur au pied ou vitesses au réservoir ? D’interminables discussions opposent les partisans de chaque solution en 1930 et les constructeurs, à la recherche d’une solution idéale, rivalisent d’ingéniosité pour rendre les commandes un peu plus simples, plus esthétiques et plus confortables.

Dans ce tout début des années 30 la mode consiste à dissimuler tout câble et commande disgracieuse. En Angleterre, Triumph propose un guidon intégrant tous les câbles des diverses commandes tandis qu’Ascot Pullin, toujours en Grande-Bretagne, et DKW en Allemagne, ou Nimbus au Danemark, font mieux encore avec un guidon caissonné en tôle emboutie qui englobe non seulement les câbles, mais intègre aussi, devant chacune des poignées, les montre et compteur de vitesse parfois montés, c’est nouveau, sur fourreaux caoutchouc. La palme revient à Vaga, en Italie, qui, dans un style délirant offrira, en 1935, un guidon avec câbles, montre et compte-tours intégrés mais aussi un double phare et un silencieux en lyre pour couronner le tout.

Le tout intégré sur la Triumph 500 Silent Scout de 1932

Le tout intégré sur la Triumph 500 Silent Scout de 1932

Encore plus fort sur l'Ascot Pullin de 1929 avec ses superbes manettes d'avance et d'air.

Encore plus fort sur l’Ascot Pullin de 1929 avec ses superbes manettes d’avance et d’air.

En Italie, Vaga enfonce le clou en 1935 avec son instrumentation intégrée… et un échappement en lyre, en prime.

En Italie, Vaga enfonce le clou en 1935 avec son instrumentation intégrée, un double phare… et un échappement en lyre, en prime.

 

En France, la dernière mode est aux guidons souples en fils ou en lames de ressort comme le Gazda qui se vendit, dit sa publicité, à plus de 150 000 exemplaires.

Les guidons en fil ressort, au-dessus, et en lames de ressort, en dessous, connurent un beau succès.

Les guidons en fil ressort, au-dessus, et en lames de ressort, en dessous, connurent un beau succès.

Ultime perfectionnement en 1951, le designer français Louis Lepoix, habille cette Horex 350 Regina d'un carénage de guidon en magnésium coulé qui englobe le phare et se prolonge par des protège-mains.

Ultime perfectionnement en 1951, le designer français Louis Lepoix, habille cette Horex 350 Regina d’un carénage de guidon en magnésium coulé qui englobe le phare et se prolonge par des protège-mains.

Il y a quelque chose qui cloche là-dedans …

Beaux ou confortables, ces guidons ne résolvaient pas le problème des changements de vitesses. Il y a quelque chose qui cloche là-dedans, pensa le docte ingénieur berlinois Otto Dehne et, après cinq ans de travail acharné, il présente en 1930, le guidon-sélecteur de vitesses. Plus besoin de lâcher une main pour chercher le levier au réservoir, plus de botte qui s’empêtre dans le sélecteur.

Dans son guidon magique, les deux branches indépendantes sont montées sur pivots et engrènent l’une dans l’autre par des secteurs dentés dont l’un est relié à la boîte de vitesses par deux câbles actionnant une biellette de commande. Les branches du guidon peuvent ainsi être ramenées vers l’arrière (pour passer la première), ou poussées vers l’avant, pour passer la seconde et la troisième. (Une chance, il n’y avait pas de boîte 6 à l’époque !). En marche normale, le guidon est bloqué et le simple fait d’actionner le débrayage commande une clavette qui le libère. Cerise sur le gâteau, le guidon replié vers vous en première donne une position bien droite tandis que la troisième, guidon poussé vers l’avant, vous donne une position plus effacée et sportive. On n’ose pas trop imaginer la gymnastique que devait donner un rétrogradage rapide…

Les brevets du guidon Dehne furent rachetés par la très fameuse firme Bowden en Grande-Bretagne et le guidon fut commercialisé en Allemagne par Hurth, fabriquant de boîtes de vitesses, sans trop laisser de traces dans l’histoire.

Le guidon Dehne de 1930 présenté par Hurth, fabricant de boîtes de vitesses.

Le guidon Dehne de 1930 présenté par Hurth, fabricant de boîtes de vitesses.

Le guidon dehne livre ses secrets

Le guidon dehne livre ses secrets

Montage sur une BMW

Montage sur une BMW

Sur une BMW R12 en 1930

Sur une BMW R12 en 1930

… une autre solution,proposée en accessoire sur le catalogue OEC

… une autre solution,proposée en accessoire sur le catalogue OEC

 

Pour compléter cet article avec des photos, merci de me joindre sur info@moto-collection.org

One thought on “Accessoirement : Le nez dans le guidon

  1. jackymoto dit :

    La dernière solution était sûrement prévue pour équiper une … Automoto. (ouarf!)

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