Exclusif : J’ai roulé sur la nouvelle Honda Gold Wing

Scoop mondial « J’ai roulé sur la première Honda Gold Wing », non, pas celle présentée au salon de Tokyo 2018 dans quelques jours, mais la toute première 1000 en 1974. 43 ans plus tard, on peut enfin revenir sur les coulisses de l’exploit.

Cliquer sur les photos pour accéder au diaporama et aux légendes.

Impossible d’imaginer un tel « buzz » aujourd’hui. Développée dans le plus grand secret, la Gold Wing n’avait encore été vue par personne et les trois premiers exemplaires prévus pour la presse des différents marchés mondiaux étaient de couleur différente pour qu’on puisse bien repérer les fuites, si fuite il y avait. Présentation prévue en grande pompe le 21 septembre en ouverture du Bol d’Or sur le circuit Bugatti au Mans.

C’était alors la guerre ouverte entre Moto Revue, où je travaillais encore, et Moto Journal que Pierre Barret venait de lancer quelques mois plus tôt.

Et merde ! Le Moto Journal qui sort le jeudi 19 septembre affiche un Gold Wing jaune-orangé en couverture avec une présentation complète dans les pages intérieures largement annoncée comme venant « d’une indiscrétion américaine ». De fait, je l’apprendrai plus tard, le modèle prévu pour la présentation aux États-Unis était bien rouge-orange, et l’attaché de presse de Honda USA a dû, je crois, plier bagage sur le champ. Pas de chance, la photo de Moto Journal venait bel et bien de l’importateur français et avait été habilement colorisée aux couleurs de la version US pour dissimuler la supercherie. Pierre Barret avait fait très fort.

Suprême vexation pour Moto Revue, chaque arbre de la route menant au Bol d’Or, organisé par MR comme chacun sait, était flanqué d’une affichette avec MJ et la Gold Wing.

Il fallait réagir et Honda accepte de me confier la précieuse et unique 1000 Gold Wing en Europe pour une petite heure sur une discrète bretelle privée d’accès au circuit dans les heures précédant le départ. Panique à bord, tout le staff Honda est là et donne un dernier coup de chiffon à la moto arrivée en camionnette. Vite une série de photos statiques et de détails et je pars sous les multiples recommandations de Honda. Pour tout faire dans le moins de temps possible, je suis venu avec deux photographes, Philippe Folie-Dupart, l’officiel de Moto Revue, et Philippe Cornut un photographe indépendant qui, accessoirement, a son studio dans le même immeuble que moi. L’un reste sur le bord de la route, l’autre me précède, assis dans le coffre d’une voiture. Erreur de casting, je n’ai ni casque ni gants… tant pis. Je vais faire sans sur quelques kilomètres avant de vite rendre la Gold qu’attendent impatiemment Jean-Claude Chemarin et Gérard Debrocq pour effectuer chacun un tour de chauffe devant la meute des pilotes du Bol et les quelque 100 000 spectateurs annoncés là. (S’cusez, je suis arrivé un peu vite… la photo est floue !).

Une telle primeur, ne doit pas rester cachée et comme j’étais alors correspondant de journaux moto dans la plupart des grands pays je me suis empressé d’envoyer ma présentation-prise-de-contact (non, je n’ai pas dit essai !) aux quatre coins du monde où elle a été publiée plus de dix fois : en Couverture de Motorcyclist, le n° 1 japonais, dans Motociclismo en Italie, Das Motorrad en Allemagne, Solo Moto en Espagne, Moto 80 en Hollande, Motor Cycle en Grande-Bretagne, etc.

4 723  Gold en cinq ans : de l’or dans l’aile !

Hervé Guio, alors directeur de Honda France, qui coule maintenant des jours heureux sur les bords de la Méditerranée, se souvient lui aussi, non pas de cet épisode mouvementé de la présentation officielle, mais de la carrière brillante de la Gold, qui ne pouvait mieux porter son nom. « Comme chaque pays avait alors ses propres normes d’homologation, l’usine Honda de Tokyo produisait d’un coup le millier d’exemplaires destiné à la France et nous les envoyait le stock. Cela impliquait évidemment de gros frais financiers, de stockage, etc, mais nous avions alors une marge, inimaginable aujourd’hui, de 40 % ! Les concessionnaires (qui ont de nos jours de 10 à 14 % dans le meilleur des cas) margeaient alors à 18 % plus la remise accordée en fin d’année. Une période en or. En 1976 ou 77, on avait reçu 800 Gold Wing d’un coup et elles étaient toutes vendues d’avance. Inutile de vous dire la réaction du directeur financier qui a encaissé en une fois les bénéfices sur 800 Gold ! ». Petit coup d’œil sur les statistiques : Honda a vendu 764 Gold Wing à 20 060F en 1975, 1288 en 1976 (à 20 910 F), 914 en 1977, 1049 en 1978 et 708 K4 en 1979 plus peut être quelques GL 100 et 1100 DX qui débarquent cette même année où Honda France réalise un score record de 57 156 machines (y inclus 7870 cyclomoteurs) vendues dans l’hexagone… On comprend mieux que la grande maison ait alors décidé de quitter Bagnolet pour faire construire de vastes locaux (toujours occupés en partie) à Marne-la-Vallée.

La fiche technique de la Honda 1000 Gold Wing de 1974 est ICI, celle de la K3 de 1979, ICI et celle de la 6 cylindres de 1988, ICI.

Les photos de la nouvelle Honda Gold Wing 2018 présentée au prochain salon de Tokyo sont empruntées à Moto-Station.com

Pour compléter cet article avec des photos, merci de me joindre sur info@moto-collection.org

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2 commentaires sur “Exclusif : J’ai roulé sur la nouvelle Honda Gold Wing

  1. Motocine dit :

    La GOLD n’a toujours pas de rivale dans son genre. BMW est passé à coté du Flat 6 qui aurait été un choix bien accepté par les aficionados de la marque. C’est ainsi

  2. Motocine dit :

    J’ai également un souvenir de la toute première GOLD en tant que passager d’un copain de l’époque. Le centre de gravité bas rendait cette machine très facile d’utilisation et puis la conduite sur le couple :) même à deux un régal .