Majestic 1000 Cleveland: La copie

On admire le travail colossal réalisé par Raymond Schneider qui a dessiné et reconstruit de toutes pièces (et certaines n’étaient vraiment pas faciles) des répliques de Majestic modèles sur châssis, et modèle à coque porteuse ainsi que des MGC à châssis coque en aluminium. Bravo, rien ou presque ne différencie les répliques de ces chefs d’œuvres de notre patrimoine motocyclistes des originaux… Il est malheureusement arrivé ce qui devait arriver. L’une des répliques de la rarissime Majestic sur châssis a été vendue (fort cher) par un négociant belge qui l’avait lui-même achetée à Raymond Schneider à un collectionneur américain qui s’est empressé d’y greffer un moteur 1000 cm3 quatre cylindres Cleveland acheté spécialement pour ce faire. Et toc, ce qui aurait pu être une réplique quasi-correcte du modèle absolument unique qu’était la Majestic personnelle du constructeur Georges Roy, est présenté outre-Atlantique comme THE original ! Pour en rajouter à cette escroquerie éhontée, le collectionneur en question l’a refaite avec une exhubérance tout à fait américaine et absolument non conforme : peinture craquelée bleue sur fond jaune (beurk !), guidon surélevé (et pourquoi pas en corne de vache façon chopper !) et chromes outranciers.

Photos et archives FMD/moto-collection.org à l’exception de la réplique de Majestic 4 cylindres piquée sur le web. Pour l’histoire et les fiches techniques des Majestic cliquer ICI

Réplique à gauche et original à droite (avec son constructeur Georges Roy) de ma Majestic à moteur 1000 Cleveland 4 cylindres.

Réplique à gauche et original à droite (avec son constructeur Georges Roy) de la Majestic à moteur 1000 Cleveland 4 cylindres.

ex Guignard

Pour comparaison, voici une restauration absolument parfaite en peinture craquelée ‘comme d’origine ‘ d’une Majestic à coque porteuse et moteur Chaise monocylindre vue au dernier Montlhéry Vintage Revival. On insiste, celle-là est une « vraie ».

Après avoir utilisé son moteur 1000 Cleveland sur sa moto personnelle que l’on voit plus haut, Georges Roy l’installa sur ce squelette de Majestic engagé au Paris-Les Pyrénées-Paris en 1930

Après avoir utilisé son moteur 1000 Cleveland sur sa moto personnelle que l’on voit plus haut, Georges Roy l’installa sur ce squelette de Majestic engagé au Paris-Les Pyrénées-Paris en 1930

Majestic Schneider 5oct2010-53

Les répliques des deux versions de Majestic : modèle coque (devant) et modèle sur chassis (derrière) en cours de fabrication dans les ateliers de Raymond Schneider en 2010.

La réplique de ma Majestic sur châssis en cours de montage

Fabrication en 2010 de la réplique de la Majestic sur châssis. Il en sera construit une dizaine.

Majestic Reconstruction Schneider-26

A gauche, les deux versions de Majestic en pré-montage. L’énorme machine bleue au fond, achetée spécialement pour l’occasion, sert à faire les ouies d’aération. A droite, Raymond Schneider au travail devant les remarquables moyeux directionnels qu’il faisait refabriquer en Pologne. « Grace au roulements étanches, je fabrique les premières Majestic dont le frein avant ne sera pas sous graissage forcé ! » plaisantait-il.

Réplique: tous les évents sont dirigés vers l'avant

La réplique de Majestic à coque porteuse attelée à un side-car Bernardet Aviation à ouverture de l’avant (reconstruction également). La réalisation est superbe à une erreur près, toutes les évents d’aération sont ouvert vers l’avant alors que sur les Majestic originales, les évents arrière sont ouvert… vers l’arrière.

Celle la n’est heureusement pas encore copiée et nul ne sait même si elle a existé hors le salon de Paris

La merveille des merveilles, une Majestic à moteur JAP 750 cm3 disposé transversalement et associé à une boîte Bridier-Charron avec une transmission par arbre. Celle la n’est heureusement pas encore copiée et nul ne sait même si elle a existé hors le salon de Paris 1930.

 

Pour compléter cet article avec des photos, merci de me joindre sur info@moto-collection.org

9 commentaires sur “Majestic 1000 Cleveland: La copie

  1. François Arsène dit :

    Dommage qu’il manque quelques stickers de pub : au moins un McDO et un « Trump for President » ! Tant qu’il y est, le propriétaire devrait remorquer sa Majestic derrière une Bugatti 35 B made in Argentine qu’il certifierait authentique elle aussi -une ex Achille Varzi peut-être ? – ça aurait de la gueule !

  2. HELION dit :

    Je ne connaissais pas les superbes réalisations de Raymond Schneider, fabuleux travail !!
    L’histoire de la Majestic américaine me rappelle une autre affaire, à base de Bugatti celle là !!

  3. fmd dit :

    C’est vrai qu’il y a bien plus de Bugatti survivantes que d’originaux construits… merci l’Argentine !

  4. Albert Louis dit :

    Très bel ensemble avec le side-car le tout en blanc quel Look, A+ Louis

  5. Gill dit :

    Le problème des répliques est grave et donne bien du fil à retordre à la FFVE. Dommage que tant de technicité et de savoir faire soient utilisées pour ça car il faut le reconnaitre quel travail remarquable …
    Et les prix sont comme la bébête, ils montent, ils montent ! ça me fait penser à un excellent réplique d’Audiard .. qui se terminait par : c’est à ça qu’on les reconnait !
    Motocyclitement vôtre ,
    Gill

  6. Dominique dit :

    « …toutes les évents d’aération sont ouvert vers l’avant… »

    Le terme moderne étant des « ouïes » le terme ancien était des « louvres » (issu de « ouvre » pour…. ouvert justement)
    Ancien pour ancien autant utiliser celui là non ? ;o)

  7. jackymoto dit :

    En temps qu’un des rares utilisateurs d’un de ces oignons je ne comprend même pas que l’on ait pu avoir envie de reproduire un os pareil! L’original, la Neracar, fonctionnait parfaitement et tout avait été étudié avec soin pour ça. La Majestic commercialisée, n’est qu’un mauvais brouillon. Le moteur n’est refroidi que par un morceau de tôle, et elle est inutilisable pendant plus de cinq kilomètres successifs, dans sa version d’origine.
    Je serais curieux de savoir comment le refroidissement de la 4 cylindres à moteur Cleveland avait été étudié.
    Équipée d’un tansad et chargé d’un passager (à l’arrière de l’axe de la roue arrière!) le machin a un mouvement de roulis digne d’une péniche au milieu de la Manche. Eh, oui comme la Verdelle qui s’est retrouvée chez Sammy Miller, l’horreur customisée à l’ américaine va bientôt avoir une authentique fausse histoire. Pour les Bugatti, Jacques Dumontand qui les exportait en Amérique bien avant la mode de la voiture ancienne nous disait que dans les années soixante le nombre de 35 avait déjà drôlement augmenté…
    Celle de Monthléry le gars va te faire la comédie car il ne veut pas de photos (on se demande pourquoi il la présente ?).

  8. Jackymoto dit :

    Je fatigue le soir..Lire « En tant qu’utilisateur.. »

  9. François Arsène dit :

    Il y a quelques décennies Jacques Dumontant, le père de Franky, brocardait déjà le phénomène des répliques-authentiques : « moins de 400 type 35 sont sorties de Molsheim » disait-il  » mais, heureusement, 1575 ont pu être préservées. Les trois quarts se trouvent aux Etats Unis ! ».

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