Arbinet Aîné
250 cm3 Train - 1923
Difficiles débuts
Les frères Joseph et Léon Arbinet mécaniciens, créent en 1910 la marque "Arbinet Frères" au coeur du vignoble bourguignon à Gevrey-Chambertin. Ils assemblent artisanalement et pilotent dans les épreuves locales, quelques modèles avec moteur Dufaux ou Clément qui ressemblent à s'y méprendre aux originaux, à la peinture près, tout comme une copie de Motorette Terrot n°2 vers 1910 qui ne diffère de son modèle que par sa mécanique qui n'est par un Zedel, mais un Zurcher de 175 cm3 à soupapes latérales fabriqué à Courbevoie et qu'on a entre autres beaucoup vu chez Alcyon et ses sous-marques.
De la copie à l'excès d'originalité
la marque a cessé toute activité durenat la Grande Guerre les reprend en 1918 sous l'égide Joseph et label "Arbinet Aîné". Les modèles produits très artisanalement sont vraiment originaux, voire même un peu trop, car, si l'idée du constructeur est louable, l'esthétique est déroutante, le réservoir obsolète et la résistance au temps et aux vibrations non prouvée. Arbinet Aîné, critique dans ses interviews " la soudure autogène qui coûte fort cher, demande une installation spéciale et risque de recuire les aciers si elle est mal faite". Il propose à la place un cadre entièrement composé d'éléments boulonnés avec, dans la partie supérieure, deux profilés en U et, en bas, un double berceau très resserré en tubes fins. Seule la colonne de direction est en fonte avec de larges rainures destinées à rigidifier la fixation des profilés. Toute aussi étonnante, la suspension de la selle dont le tube support est télescopique avec un ressort tandis que la suspension avant est confiée à une peu moderne fourche pendulaire.
La mécanique est plus classique
Présentée ici en version 250 cm3 à moteur Train 2 temps, l'Arbinet Ainé était également disponible avec le 350 cm3 ou le 175 cm3 de la même origine. Sur ce dernier les deux profilés liant la colonne de direction à l'axe de roue arrière sont en tubes. Le carburateur est un Longuemare sur les premières versions puis un Amac ou un Zenith, la boîte entraînée par chaîne est une Sparck à 2 puis 3 vitesses (celle monté ici n'est pas d'origine) avec un sélecteur par levier direct.
De Gervrey-Chambertin à Dijon
En 1925 "Arbinet Aîné" a quitté Gevrey-Chambertin pour Dijon. La production y continue jusqu'en 1928, où l'entreprise est revendue à Georges Jules qui commercialisera une nouvelle gamme plus moderne sous label "Arbinet Dijon", jusqu'à son décès en 1938.
Moteur Train 2 temps 2 HP 174 cm3 (64 x 54 mm) monté sur roulements à billes, ou 2,5 HP 246 cm3 (65 x 74 mm) ou 3 1/2 HP, 345 cm3 (76 x 76 mm) - Allumage par magnéto Salmson - Carburateur Amac ou Zénith - Graissage par mélange 10 % (avec les huiles d'époque) - Boîte Sparck 2 puis 3 vitesses par levier direct - Embrayage multidisque à sec - Démarrage au kick - Cadre-châssis triangulé en tubes d'acier pour le modèle 175 cm3 et en profilés en U pour les 250 et 350 cm3 - Fourche pendulaire a ressort hélicoidal - Suspension de la selle télescopique sur ressort - Réservoir, essence 6 l, huile 1,5 l, avec robinet à huile - Pneus 600 x 55 à talons - Deux freins au pied et à main sur poulie-jante arrière - 250 cm3: 70 kg ; 350: 75 kg - Consommations : 175 cm3: 2,5 l/100 km ; 250: 3,5 l/100 km ; 350: 4 l/100 km.
Pénalisée par sa production artisanale et l'excès d'originalité, l'Arbinet Aîné ne connut qu'une diffusion confidentielle. Cette Arbinet est une des toutes premières versions. Moto Revue n'en parlera brièvement qu'en 1923 et en fera une large présentation (assortie d'une réclame !) en 1924.