Curey
1200 cm3 Endurance - 1983
Une moto d'endurance 100 %française
La BFG n'est pas la seule moto à moteur de Citroën GS à avoir existé. A la même période, Gérard Curey décide de construire une machine pour les courses d'endurance équipée de ce bloc à la fin de 1979. Il monte dans un cadre de Moto Guzzi transformé un 1015 cm3 de série. Avec un carburateur différent et un échappement 4-en-1, la puissance passe de 55 à 70 chevaux. Boîte et pont à taille droite sont des éléments sur base Moto Guzzi modifiés par Charles Krajka. Le poids reste élevé avec 240 kg sur la balance.
Deuxième version plus performante
L'équipe de passionnés s'étoffe en 1980 et une Curey n° 2 arrive en 1981. Construit par Alain Gautré, son cadre spécial en tubes haute résistance est plus léger, il a un empattement plus court et le moteur est maintenant suspendu. Fourche et amortisseurs sont des Marzocchi en magnésium, les freins des Brembo série Or. Le réservoir est équipé d'un système de remplissage rapide apporté par Jean-Claude Conchard, qui travaille alors chez Zénith Aviation, où il a développé ce système pour les motos avec un dispositif de coupure automatique lorsque cest plein. Cette solution se généralisera par la suite en endurance. Pour le moteur, Curey est parti d'un bloc de GS 1300 cm3, plus moderne et puissant que le 1015. Une préparation en profondeur chez Condrillier à Nice et le montage de deux carburateurs Weber doubles corps permet d'atteindre les 100 chevaux. Le poids est maintenant de 225 kg. Alignée au Bol d'Or à la fin de l'année, elle ne parvient pas à se qualifier à cause d'une casse moteur.
Moteur profondément remanié et enfin la ligne d'arrivée
Les motos d'endurance sont limitées à 1200 cm3 à partir de 1982. Qu'à cela ne tienne, Curey mixe la course du 1015 et l'alésage du 1300 pour obtenir un moteur supercarré de 1167 cm3. Le vilebrequin est fait spécialement chez Citroën et les volants moteurs sont considérablement allégés. Deux carburateurs doubles corps Solex en magnésium se chargent de l'alimenter. La puissance annoncée est de 105 ch à 8500 tr/min. Équipée d'un carénage intégral très patriotique peint en bleu, blanc, rouge, elle se qualifie au 24 h du Mans en 1982, mais une chute lélimine au bout de quelques heures. Pour 1983, la petite équipe améliore la fiabilité et le centrage des masses. Le carénage est maintenant partiel et la Curey est engagée au 47e Bol d'Or. Didier Vuillemin et Luc Caulier passent les qualifications et amènent la Curey à la 31e place finale en ayant parcouru 480 tours. Clap de fin, puisqu'une nouvelle réglementation limite une fois de plus la cylindrée des motos d'endurance pour 1984.
Moteur Citroën GS 4 cylindres à plat, 4 temps, refroidi par air - 1167 cm3 (79,4 x 59 mm) - 105 ch tr/min - Simple ACT entraîné par courroie, 2 soupapes par cylindre - 2 carburateurs doubles corps Solex en magnésium ø 36 mm - Allumage batterie bobines - Lubrification à carter humide - Boîte 5 vitesses - Embrayage mono-disque à sec - Transmission finale par arbre et cardans - Cadre : longeron supérieur en tubes d'acier et moteur porteur - Fourche Marzocchi ø 38 mm - Suspension arrière par bras oscillant et 2 amortisseurs oléopneumatique Fournales - Freins av. double disque Brembo ø 300 mm et étrier double pistons, ar. simple disque ø 240 mm - Jante av. EPM en aluminium et pneus 3.00 x 18'', ar. jante à rayon Akront et pneu 3,50 x 18" - 215 kg
Peu de moyens et beaucoup de jus de cervelle pour cette Curey qui finira par aller au bout des 24 h du Bol d'Or en 1983 sous ce numéro 51. Totalement restaurée et encore améliorée par Gérald Armand, elle pose ici devant son objectif sur le circuit Carole.