Honda
250 cm3 CBR-R - 1988
Un quatre cylindres de série tournant à 18 000 tr/min
Le marché japonais des 250 et 400 cm3 est en pleine effervescence dans les années 80, aidé par une réglementation favorable, et les quatre constructeurs du pays se livrent une bataille effrénée avec des quatre cylindres tous plus désirables les uns que les autres. À l'image des plus grosses cylindrées que nous connaissons en Europe, les motos de série ressemblent de plus en plus à leurs homologues engagées en endurance. Le premier à sortir une réplique en 250 est Yamaha avec la FZR en décembre 1986. Il est suivi en mars 1987 par Suzuki avec la GSX-R et Honda avec la CBR-R. Kawasaki n'y vient qu'en 1989.
Honda CBR 250 Four : trop sage
La CBR 250 R n'est pas une nouvelle moto. C'est la suite logique de la CBR 250 Four sortie en avril 1986, dont le moteur quatre cylindres en ligne à refroidissement liquide, doubles arbres à cames en tête commandées par cascade de pignons et quatre soupapes par cylindre a une zone rouge à 17 000 tr/min. Ce haut régime est possible sans risque grâce à des côtes super carrées. La course de seulement 33,8 mm pour un alésage de 48,5 mm permet de limiter la vitesse linéaire des pistons à moins de 20 m/s. Avec une puissance de 45 chevaux et un poids de 138 kg à sec, ce petit quart de litre dépasse les 200 km/h. C'est le premier quatre cylindres Honda de série dans cette cylindrée. Elle dispose d'un cadre de type périmétrique en aluminium, d'un bras oscillant rectangulaire, de la suspension arrière Pro-Link chère à Honda et d'un double disque à l'avant, l'arrière étant à tambour. Esthétiquement, elle est encore bien sage avec un demi-carénage, une selle biplace et une ligne d'échappement et silencieux noir mat plutôt ''bas de gamme".
Réplique des machines d'endurance
La nouvelle CBR 250 R sort en mars 1987. Elle partage le même moteur, mais, cette fois, la zone rouge est à 18 000 tr/min pour une puissance identique sur la fiche technique. La partie cycle aussi est issue de la CBR 250 Four mais un frein à disque fait son apparition à l'arrière et le bras oscillant est renforcé. Les modifications sur surtout esthétiques et font passer la Honda dans une autre catégorie : carénage intégral aux lignes tendues d'inspiration 750 VFR, mais celui-ci est fermé à l'image des 600 et 1000 CBR-F, gros phare carré, tubes d'échappement couleur cuivre très classe avec silencieux en aluminium, selle monoplace avec béret basque pour les passagers téméraires et roues de 17 pouces équivalentes à celles de la VFR 400 R. Cette version ne dure qu'un an, puisque, dès 1988, la CBR 250 R est totalement revue. Le style s'éloigne de la VFR pour se rapprocher de celui de la future 900 CBR-RR avec deux projecteurs ronds à l'avant et deux feux ronds à l'arrière. Le carénage laisse maintenant voir le cadre. Les suspensions, les freins et le moteur sont révisés, mais la puissance reste identique. Le pneu arrière passe de 130 à 140 de large et la ligne d'échappement reprend la couleur noire, mais avec un silencieux en aluminium.
Version finale avec un double R
La quart de litre devient CBR 250 RR en mars 1990. Le cadre est nouveau ainsi que le bras oscillant banane. Le moteur prend maintenant 19 000 tr/min, mais la puissance ne change toujours pas. La CBR 250 RR sort du catalogue en 1994. Les quatre cylindres sportifs ont fait leur temps et n'ont plus la côte.
Moteur quatre cylindres 4 temps refroidi par eau - 249,8 cm3 (48,5 x 33,8 mm) - 45 ch à 15 000 tr/min - 2,6 mkg à 10 500 tr/min - Double ACT entraîné par cascade de pignons, 4 soupapes par cylindre - 4 carburateurs Keihin - Allumage électronique - Lubrification par carter humide avec pompe trochoïdale - Boîte 6 vitesses - Embrayage multidisque - Transmission finale par chaîne - Cadre en aluminium périmétrique - Fourche Showa ø 35 mm - Suspension arrière par bras oscillant et mono amortisseur type Pro-Link - Freins av. à double disque ø 256 mm et ar. simple disque ø 220 mm - Pneus av. 100/80 x 17'' et ar. 140/70 x 17" - Poids à sec 138 kg - 200 km/h.
Parfait exemple des quatre cylindres sportifs produit par les marques japonaises dans les années 80. Ces modèles ne verront malheureusement pas la France ni l'Europe en général, marchés obnubilés par la course à la cylindrée et à la puissance.