Monet Goyon
500 cm3 L5A1 - 1939
Monet Goyon, s'attaque à l'armée
Au salon de Paris à l'automne 1933, Monet Goyon présente la gamme L, équipée d'un nouveau moteur maison incliné dans le cadre, avec les 250 L et 350 L4 à distribution latérale et la 350 LS4 à distribution culbutée. Le haut de gamme sportif est encore équipé d'un moteur MAG avec la 500 HA. La 500 à moteur maison arrive l'année suivante avec les 500 L5 latérale et 500 LS5 culbutée. C'est la première, à peine modifiée, qui sert de base à un modèle militaire, dans un beau vert armée référence 4-250 09.
Les aléas de l'équipement des militaires
Ce n'est pas le premier essai de Monet Goyon pour motoriser l'armée. La 350 M4 à bloc latéral maison avait été présentée à l'homologation et acceptée en 1932 & 1933, sans que cela soit suivi d'une commande. 350 L4A et 500 L5A sont proposées en 1935 et acceptées après des essais concluants au CEMA (Centre d'Essai du matériel automobile) à Vincennes. La L5A est livrée à 1641 exemplaires avec un side-car Bernardet Estafette en 1936, et 1500 autres en 1937. Suite à la déclaration de guerre, le ministère commande 1500 motos type L5A1 attelées en octobre 1939. Équipées cette fois d'un side-car monoplace spécifique Monet Goyon réalisé en tôle. Ce dernier pèse 83 kg, il n'a pas de pare-brise et le pincement n'est pas réglable. Bizarrement, les conclusions des essais menés à Vincennes ne sont pas bonnes pour les 5 premiers exemplaires reçus en décembre 1939 de cette version renforcée, mais alourdie. Par rapport à la L5A de 1936, la garde au sol est jugée insuffisante, la boîte de vitesses,fragile, la tenue de route, mauvaise et pour tout arranger, les performances sont inférieures et la consommation supérieure. Seul le side-car donne satisfaction. La commande est finalement annulée. Refusés pour le front, quelques exemplaires seront finalement affectés à la gendarmerie et d'autres vendus en version civile en 1942 au tarif de 12 917 F. Les mauvais résultats sont pris en compte par Monet Goyon qui propose la L5A2 avec un moteur et une boîte de vitesses modifiées et une garde au sol augmentée. 1500 exemplaires sont à nouveau commandés par le ministère des armées, mais ils n'auront pas le temps d'être livrés suite à la débâcle des forces françaises en 1940. Toutes ces versions ont un sélecteur de vitesses par levier au réservoir, alors que la L5 dispose d'un sélecteur au pied dès sa sortie.
Moteur monocylindre 4 temps refroidi par air - 487 cm3 (75 x 110 mm) - L5A : 12,5 ch/4200 tr/min, L5A1 idem à 4000 tr/min - Distribution par soupapes latérales - Carburateur Gurtner M25 D - Graissage à circulation par pompe à double débit - Allumage par magnéto Morel E1 - Éclairage par dynamo et batterie 6V, magnéto à droite, et dynamo à gauche, entraînées par chaînes - Embrayage à 3 disques à garnitures Ferrodo et un disque Ferrodo - Boîte séparée 4 vitesses commandées par levier au réservoir - Transmissions primaire et secondaire par chaînes - Cadre simple berceau interrompu, arrière rigide - Suspension avant par fourche à parallélogramme à ressort central et amortisseurs à friction à réglage manuel - Pneus 3,50 x 19" - Freins à tambour déportés ø 180 mm - 142 kg en solo, L5A : 242 kg avec side-car Bernardet type Estafette, L5A1: 170 kg en solo, 300 kg avec side-car Monet Goyon type Estafette avec roue de secours - 75 km/h avec side-car.
Notre belle armée n'aura finalement droit qu'à environ 3000 exemplaires des premières versions et les dernières sont arrivées trop tard. La vignette montre le side-car final présenté par Monet Goyon qui, pour un militaire, est particulièrement élégant.