Paul Guignard
350 cm3 C2 Grand sport à boite Cotal - 1930
Un grand pas vers l'automatisme
Paul Guignard, ce nom n'est guère connu des motocyclistes, en revanche, les amoureux du vélo de son étonnant palmarès. Il se rendit surtout célèbre comme coureur cycliste sur piste derrière un stayer et il fut le premier à couvrir 100 kilomètres en une heure. Rajoutez à cela ses titres de Champion du monde en 1913 en demi-fond, Champion d'Europe en 1905, 1906, 1909 et 1912, Champion de France en 1905, 1912, 1913 et 1914, etc., etc.
Du demi-fond derrière une moto de stayer au constructeur de motos
Pédaler derrière une moto de stayer et respirer ses vapeurs lui ont sans aucun doute donné des idées, retraité du cyclisme en 1927, Paul Guignard devient constructeur de motocyclettes, activité qu'il exercera à Paris, jusqu'en 1929 au 26 de la rue Hermel, puis en 1930, au 39 de la rue Balagny. Ses trois premiers modèles sont construits autour de moteurs LMP (Lalo, Mignonac & Poinsard à Romainville). Il présente à l'automne 1928 puis au salon d'octobre en 1929, une 175 type A et une 250 type B en deux temps et une 350 C à soupapes en tête. Au salon de l'année suivante, la 175 a disparu, il reste la 250 B deux temps (en fait une 207 cm3) qui se double d'une version B2 quatre temps culbuté tandis qu'à la 350 C s'ajoute la C2 qui nous, intéresse aujourd'hui, car c'est, à notre connaissance, la seule moto équipée de la boite à commande électromagnétique Cotal que tant de prestigieux constructeurs automobiles utilisaient (Delage, Delahaye, Voisin, etc.)
Boite présélective électromécanique
Cette boite Cotal était construite sous licence MAG par la Société des Engrenages de Précision à Courbevoie. Contrairement à la boite présélective Wilson dont le fonctionnement est purement mécanique, la Cotal (comme plus tard, le dispositif utilisé par Victoria sur la 250 Swing) utilise quatre électro-aimants qui mettent en place à l'avance les deux trains planétaires en cascade de la boite épicycloïdale. Mode d'emploi : présélectionner le rapport à passer, relâcher laccélérateur, débrayer et réembrayer. On peut aussi ne pas débrayer, relâcher laccélérateur ou donner un coup de gaz, pour rétrograder pendant que lon déplace le sélecteur. Ce dispositif donne en principe quatre rapports, mais ici, seuls trois sont utilisés. Après tant de kilomètres à suivre un stayer, Paul Guignard, recherchait sans doute la douceur de fonctionnement que donne ce type de système, comme le font aujourd'hui les boites automatiques et sa moto à boite Cotal était, dit-on, fluide et efficace à condition d'entretien fréquent de la commande électromagnétique.
Moteur LMP monocylindre 4 temps à refroidissement par air 348 cm3 (71 x 88 mm) - Puissance maxi à 2800 tr/min - Soupapes commandées par tiges et culbuteurs - Double échappement - Carburateur Gurtner ou Amac 5012 - Allumage par France Dyalmo avec rupteurs, bobines et batterie -Transmissions primaire et secondaire par chaînes - Embrayage multidisque à sec - Boite électromagnétique Cotal commandée par levier au guidon - Cadre simple berceau interrompu - Suspension avant à parallélogramme et ressort central - Freins av. et ar. à tambours - Pneus 3,50 x 19" - env 100 kg et 100 km/h.
Les 350 cm3 C2 de Paul Guignard est un exemple unique au monde de l'utilisation sur une moto de la boite électromagnétique Cotal, équipant les plus prestigieux constructeurs automobiles.