Peugeot
175 cm3 P134 CT - 1939
Ultime évolution après les trois 175 nées en 1937
Après la disparition de la P114, la nouvelle série des 124 et 134 Peugeot 175 cm3, derniers deux temps de la marque à boite séparée, est lancée fin avril 1937 après le raid de Robert Sexé qui, pour prouver la supériorité de ce nouveau moteur, avait rallié Paris à la Syrie.
Révolution ou pétard mouillé ?
"Résultats magnifiques, progrès considérable dans le domaine du deux temps
et c'est à Peugeot que nous sommes redevables. Tous ceux qui cherchent une machine économique et robuste pourront dire merci aux ingénieurs qui ont résolu le problème" Ainsi débute la présentation de Moto Revue dans son numéro 738 du 1er mai 1937. La suite est une copie quasi conforme du dépliant émis par Peugeot décrivant ce moteur à " self-balayage intégral qui apporte 40% de puissance supplémentaire tout en diminuant la consommation de 30 %." Tout cela obtenu en optimisant la position des lumières et à la forme des canaux d'admission et à la conception de l'échappement et tout en conservant des pistons à déflecteur dont Peugeot teste de multiples formes avant de se fixer, en 1946, sur une calotte presque plate avec un déflecteur en forme de T. Le balayage Schnüle associé à un piston plat breveté en Allemagne par Adolf Schnürle en 1924 et adopté sur la série par DKW au début des années trente n'a pas encore passé la frontière, alors un peu fermée.
Quatre versions pour un demi-succès
La nouvelle gamme de ces 170 cm3 débute au 1er mai 1937 avec un trio composé de la 124 AP utilitaire à deux vitesses vendue 2900 F, qui trouvera un millier d'acheteurs, de la de la 175 AT à trois vitesses et pneus de plus grande section, et enfin de la plus luxueuse 134 CL à trois rapports affichée à 3290 F sans options. Cette dernière se distingue par un cylindre en aluminium chemisé, un allumage à avance variable et un double échappement. Il ne s'en écoulera pourtant que 700 exemplaires, les clients lui préférant le vélomoteur P53 également à 3 vitesses, beaucoup moins cher et à peine moins performant. Peugeot tentera ensuite, en 1939, une ultime évolution ici présentée, la 175 CT. Comme la CL le cylindre est en aluminium chemisé, mais il ne comporte qu'un seul échappement qui se trouve à droite, contrairement aux 124 AP et 134 AT. Le carburateur est également plus orienté vers l'avant. La guerre mettra malheureusement fin à sa très courte carrière et Peugeot redémarrera après les hostilités avec des modèles bien différents à bloc moteur qui conserveront toutefois jusqu'à sa fin les mêmes cotes internes carrées de 60 x 60 mm en 175.
Moteur monocylindre 2 temps refroidi par air - 169,6 cm3 (60 x 60 mm) - 4 ch - Compression 6,5:1 - Piston à déflecteur - Cylindre alu chemisé et simple échappement à droite - Carburateur Gurtner à 2 manettes - Lubrification par mélange - Allumage magnéto Morel entrainée par chaine - Éclairage par dynamo entrainée par courroie - Embrayage multidisque à sec - Boite Staub suspendue à 3 rapports commandés par levier au réservoir - Démarrage au kick - Transmissions primaire et secondaire par chaines - Cadre simple berceau ininterrompu - Fourche avant à parallélogramme à ressort central - Réservoir 10 l - Freins à tambour ø 130 mm - Pneus 3,00 x 19" - 2,15 l/100 km - 80 kg - 80 km/h.
La rarissime 125 type 134 CT ici présentée est actuellement complète, mais en état "sortie de grange". Nous avons utilisé l'I.A. pour la rafraichir et "repeindre" le réservoir sans faire le moindre changement à la moto à laquelle il manque d'ailleurs la sacoche en cuir dans le triangle du cadre sous la selle. Le moteur en haut à droite est celui de la 134 AT de 1937 avec un carburateur à 90° du cylindre en fonte et un échappement à gauche.