Rieju
RST 80 - 1992
Les derniers ibériques
La production espagnole, autrefois florissante avec Bultaco, Montesa et Ossa, a bien souffert de la concurrence japonaise pour ses exportations, puis de l'ouverture progressive du marché intérieur à ces marques nippones. Il subsiste pourtant plus d'une douzaine de constructeurs de petite et moyenne importance en Espagne à la fin des années quatre-vingt. Rieju, établi à Figueras, au pied des Pyrénées, à la pointe Est de la Catalogne est certes l'un des plus petits, mais il est avec Derbi, Gas-Gas, GHE Hispania et Moto Vespa, l'un des seuls à avoir gardé son identité ibérique et à ne pas être devenu une filiale des grandes marques japonaises.
Des débuts franco-ibéres aux alliances italiennes
La marque fondée en 1952 commence son activité avec des 125 et 175 cm3 à deux ou à quatre temps dont certains utilisent des moteurs français AMC. Rieju se tourne ensuite vers le scooter avec Isard à moteur 125 AMC suivi de la 125 Tahon, réplique du Derny Taon français. Après ces couteux échecs, la marque se lie à Minarelli et concentre sur les 50 et 75 cm3, cette dernière catégorie jouissant, en Espagne, d'un statut particulier favorisant sa diffusion. Fruit de cette association, la RST est présentée au salon de Bologne de 1988 en 50 cm3 pour lutter avec l'Aprilia 50 AF-1 apparue la saison précédente. Derbi avait conclu un accord pour créer sa GPR 75 sur la base de l'Aprilia 50. Rieju suit la même voie et s'alliant à Malaguti et en installant le Minarelli MR6/75/ dans la partie cycle légèrement modifiée du RST 50. Malaguti commercialisera aussi la RST 80 sous son label.
Le haut de gamme
Ce RST 80 Rieju, qui se veut qui le haut de gamme de la marque avec un carénage intégral, une double optique de phare, une selle à dosseret amovible, et des freins à disque avant et arrière connait pourtant des débuts difficiles. Il est plus cher et moins fiable que ses conscurrents japonais. Rieju corrige ses défauts progressivement pour se mettre au niveau des Honda 80 NSR et Yamaha TZR 80 RR et le RST passe de 12 ch à 8 500 tr/min à 13 ch à 9250 tr/min, mais ce n'est toujours pas suffisant. La nouvelle génération apparue en 1992 ne progresse pas et se contente de changements esthétiques. La marque est alors douzième en Espagne et vend plus de 1 000 motos et 10 000 50 cm3 par an, mais en représentant à peine plus de 1% du marché.
Moteur Minarelli MR6/75L monocylindre 2 temps refroidi par eau - 74,6 cm3 (46,5 x 44 mm) - 12 ch/8 500 tr/min - Compression 12,5:1 - Admission à clapets - Carburateur Dell'Orto TH/BL ø 25 mm - Allumage électronique et volant magnétique 12 V - Graissage par mélange - Démarrage au kick - Embrayage multirisque humide - Boîte 6 rapports - Transmissions primaire par engrenages, secondaire par chaîne - Cadre double berceau en tubes d'acier carrés - Suspensions av. télescopique, debt: 110 mm, ar. oscillante cantilever monoamortisseur - Roues en alliage - Pneus av. 2,75 x 16", ar. 3,25 x 16" - Freins à disque av. ø 220 mm et ar. ø 200 mm - env. 110 km/h
La RST de 1988, pose ici devant une photo en course de Carlos Checa, vainqueur du championnat d'Espagne sur la version course de cette machine en 1991.