Rosengart
100 cm3 Moteurcycle - 1923
Un bien original moteur auxiliaire
Vous pensiez que Rosengart n'a construit que des voitures ? Pas complètement vrai, car la marque s'essaya aussi dans le deux roues de 1922 à 1924 avec cette sorte de Vélosolex à l'envers, un petit moteur auxiliaire deux temps monté, cylindre vers l'arrière, sur le porte-bagages d'une bicyclette qu'il entraine par galets de friction, non pas sur la bande roulement du pneu, mais latéralement sur la jante (en espérant qu'elle ne soit pas voilée !). Une création mécanique logique, mais inhabituelle, d'autant plus que le réservoir de carburant est intégré dans le carter moteur. Pour le nom, Rosengart ne s'est pas compliqué la vie, ce sera le Moteurcycle.
Une création mécanique logique, mais inhabituelle
Le moteur monocylindre deux temps est fabriqué spécialement par la société Train à Courbevoie. Les galets en aluminium qui viennent en pression sur la jante du vélo sont supportés par deux paliers à roulements à billes avec, d'un côté, les galets de friction et, de l'autre, des pignons de chaine. Ces paliers sont fixés au bout de longs leviers articulés qui permettent de désacoupler les galets de friction. Le pignon de droite engrène derrière la chaine de la magnéto, tandis, qu'à gauche, le pignon est monté à l'intérieur de la chaine pour tourner en sens inverse. Une commande au guidon fait s'écarter les paliers supportant les galets d'entrainement alors déconnectés. Comme plus tard sur les Mobylette, une seule commande agit à la fois sur louverture des gaz et le décompresseur. La cinématique un peu alambiquée de la transmission du Moteurcycle était, semble-t-il, efficace, car on en vit dans quelques rallyes d'endurance et, en vainqueur, à l'issue des 173 km du circuit du Dauphiné.
Ah, la presse dithyrambique de l'époque !
Extraits de La vie Automobile di 10 février 1924 : "Il peut se monter sur n'importe quelle bicyclette sans exiger la moindre modification ... En quelques instants, il la transforme en vélomoteur pouvant monter des côtes de 10 à 12 % sans pédaler." ... "Beaucoup d'appareils similaires, en raison de la place qu'ils occupent, soit à l'avant de la machine ou dans le cadre, ont souvent soulevé des critiques par les projections d'huile qu'ils produisent ; le groupe Rosengart a su éviter ce gros inconvénient, car, placé à l'arrière de la machine, aucune souillure n'est à craindre" (sauf dans le dos ! NDLR)
Un peu d'histoire
Lucien Rosengart (1880-1976), plus connu pour sa fabrication d'automobiles, entre en contact, au début de la Première Guerre mondiale, avec André Citroën, dont il devient l'associé en 1919. En 1922, il fonde à Neuilly-sur-Seine, la société Lucien Rosengart et Cie. Parallèlement à la production automobile, la société se lance alors dans l'assemblage de bicyclettes équipées d'un moteur Train de 98 cm3, monté sur la roue arrière. Après sa séparation d'avec Citroën, en 1927, il crée la Société Industrielle de l'Ouest Parisien et acquiert les droits de fabrication de l'Austin Seven en France. Il poursuit la production automobile jusqu'en 1955, ayant abandonné l'aventure du deux-roues dès 1924.
Moteur Train monocylindre 2 temps refroidi par air - 98 cm3 (49 x 52 mm) - 3000 tr/min - Allumage par magnéto Déesse - Carburateur Zénith automatique - Graissage par mélange - Transmissions par 2 galets sur la jante - Débrayage par levier - 1,5 l /100 km de mélange - 10 kg - 35 km/h.
Un Moteurcycle restauré qui n'a sans doute jamais roulé, car ses jantes auraient perdu leur peinture. En insert, en bas à droite, une vue de l'arrière un peu trompeuse, car elle fait croire que le palier de gauche est au même niveau que celui qui entraine la magnéto alors qu'il est derrière. Au fond à gauche, une publicité parue dans l'Illustration en décembre 1923.