Simard
125 cm3 LSL 2 - 1953
Il est si dur se faire une place dans le monde du scooter
Simard l'un des nombreux fabricants de side-cars des années 30 dans la région lyonnaise, tente de se lancer dans le scooter dont la mode bat son plein et présente au salon de Paris d'octobre 1952 son scooter LSL (Louis Simard-Lanoy). L'entreprise parait facile. Simard possédant tous les outils d'emboutissage voulus. Son scooter LSL 1 est développé par Henry Lanoy, un ingénieur stéphanois qui a déjà réalisé un scooter à motorisation électrique en 1939. Il a réitéré pour Simard 1942 avec un nouveau prototype de scooter électrique qui sera exposé à la foire de Lyon de 1946 sur le stand de Rhonson. Il crée aussi l'éphémère scooter Stefa de Socvel en 1951 puis ce scooter Simard LSL, dont la ligne générale s'inspire d'assez loin du Lambretta italien. Le LSL-1 est équipé dans un premier temps d'un moteur lyonnais Ultima de 125 cm3 et se démarque de la concurrence par son changement de vitesse par poignée tournante, une technique encore peu utilisée, le réservoir d'essence derrière le tablier avant et la coque arrière, qui, curieusement fixée sur le bras oscillant, ballotte au gré des bosses. Il faut l'ôter pour avoir accès à la mécanique.
On ne sait si le SL1 a été vraiment produit, mais ces particularités disparaissent avec le SL2. La coque est fixe et le réservoir d'essence a émigré sous elle. Les 4 vitesses du moteur Ydral sont commandées par une double pédale à droite, tandis que celle du frein arrière est à gauche. Le reste ne change pas, la suspension avant télescopique est habillée dans sa partie supérieure qui intègre le phare et l'avertisseur et la suspension arrière est oscillante. Contrairement à la concurrence équipée de roues en tôle, ce Simard a des roues en alliage léger de 8 pouces avec une roue de secours fixée à l'arrière sous un porte-bagages.
Simard n'arrivera malheureusement pas à s'imposer dans ce marché du scooter si disputé et il semble que la production n'ait pas dépassé pas les 25 exemplaires. Ydral a bien noté dans ses livres leur avoir livré 147 moteurs au total, mais Simard en a probablement cédé son surplus au constructeur lyonnais Follis qui distribuait déjà ses scooters.
Du LSL-1 au LSL-4
Bien que peu produit le scooter Simad est quand même référencé en quatre versions. En 1953, trois 2 temps les LSL-1 à moteur Ultima 3 vitesses de 122 cm3 (52/57,5 mm) de 5 ch à 4000 tr/min, le LSL-2, type L45 à moteur Ydral 123 cm3 (54 x 54 mm), le LSL-4 à moteur Ultima de 195 cm3 (66 x 57,5) et 9 ch à 4000 tr/min. Enfin un 4 temps culbuté à bloc-moteur AMC 3 vitesses, le LSL-3 de 124 cm3 (48 x 69 mm). En 1954, ne subsistent que deux versions à moteur Ydral en 125 et 175 cm3.
Le LSL est livré à la demande en couleur unie ivoire ou en bicolore et, Simard oblige, un modèle de side-car de la marque lui est spécialement dédié (photo en vignette). Fabriqués artisanalement, les scooters Simard était malheureusement bien chers. Le 125 Ydral s'affichait en 1953 à 149 000 F et le 175 à 159 000 F tandis que la version animée par l'Ultima F12 était à 169 000 F. Bien difficile de survivre dans ces conditions alors que le Vespa 125 de la même année est à 134 300 F et le Lambretta LD à 156 000 F.
Moteur Ydral type L45 monocylindre 2 temps bitube refroidi par air - 123 cm3 (54 x 54 mm) - 5ch / 5000 tr/min - Carburateur Amac ø 22 mm - Allumage, éclairage par volant magnétique - Boite 4 vitesses par sélecteur double branche - Transmissions primaire et secondaire par chaînes - Cadre tubulaire, coque et habillage en tôle emboutie - Suspension avant télescopique, arrière oscillante sur 2 ressorts antagonistes - Freins à tambour - Roues en alliage - Pneus 4,00 x 8" - env. 80 kg et 75 km/h.
La production du scooter Simard ne dut pas dépasser 25 exemplaires dont ne connait que peu de survivants, celui à moteur Ydral 125 présenté ici, 7 ou 8 à moteur AMC quatre temps dont certains en épave et, a priori, pas de version Ultima.