Suzuki
50 cm3 RM 64 - 1964
Le si beau chant du cygne du 50 monocylindre
Légères, simples et puissantes : les RM62/63/64 exploitent au maximum les avantages du monocylindre 2 temps refroidi par air. Elles vont dominer les GP durant trois saisons et amener à Suzuki 3 titres de champion du monde en 50 cm3 avec Ernst Degner en 1962, et Hugh Anderson en 1963 et 64..
Débuts locaux
Suzuki commence à développer un 50 de compétition dès 1960 où la marque a participé pour la première fois au TT de l'Ile de Man. La catégorie 50 cm3 n'existe pas encore en Grand Prix, mais Suzuki sait qu'elle va arriver et s'y prépare dans les courses locales avec un nouveau moteur qui inaugure la série RM. Son premier but est de battre la référence japonaise de l'époque, la Tohatsu Lampet CA. Ce RM est un monocylindre 2 temps alimenté via un disque rotatif et avec un boîte 5 rapports. Les ingénieurs visent une puissance de 7 ch à 7000 tr/min, mais il ne délivre que 5,5 ch lors des premiers essais et, lorsque qu'il atteint la puissance voulue, à la fin septembre 1961, il est bien trop tard pour la 4e édition des Clubman Races, en juillet, où les nouvelles Lampet CA2 modifiées et leurs versions clients CR50 monopolisent les 7 premières places.
La RM débute en course le 22 octobre, à Tsushima (préfecture d'Aichi), où la course moto était alors très active. Suzuki y aligne la RM tout juste finalisée et elle remporte la course dès sa première sortie, devant les Tohatsu.
L'Europe et les GP, enfin !
En 1961, l'Europe accueille désormais un Championnat d'Europe 50 cm3 et la FIM annonce que la catégorie serait admise au Championnat du monde dès 1962. Bien que Suzuki s'attende à cette annonce, il donne la priorité aux nouvelles 125 et 250. La RM62 reçoit son premier moteur le 27 mars. Les règlements japonais autorisant un léger dépassement de cylindrée, la RM62 initiale était prévue en 40 x 40 mm (50,25 cm3). Suzuki préféra toutefois réduire la course à 39,5 mm, soit 49,62 cm3, pour garantir son admissibilité internationale. Envoyée en Europe le 19 avril, la RM62 participe au GP d'Espagne début mai sans réel test préalable. La première course 50 cm3 de l'histoire des GP est remportée par Hans-Georg Anscheidt sur Kreidler ; la meilleure Suzuki, celle de Sanmiya Ichino, termine seulement 7e. Même scénario au GP de France : Kreidler en tête suivi de trois Honda, tandis que Suzuki (S. Suzuki, Ito, Degner) se contente des places 5 à 7. Tout bascule en juin au TT. Degner réalise le meilleur temps absolu aux essais avec un moteur et échappement modifiés. Il remporta la première victoire de Suzuki en GP 50 cm3, mais aussi la première victoire de Suzuki au TT, et la première victoire au TT d'un moteur 2 temps dans l'après-guerre : un exploit historique.
Vers les titres mondiaux
Le RM millésime 1963 adopte, comme le RT 125 cm3, un cylindre incliné vers l'avant avec échappement arrière, un carburateur de plus grand diamètre (24 mm) et un rapport de boite supplémentaire soit 9 rapports. Elle dépasse les 10 ch à 12 000 tr/min. C'est avec cette machine que Mitsuo Ito remporte la première victoire japonaise au Tourist Trophy de l'île de Man. Le titre mondial revenant à Hugh Anderson, Suzuki s'adjuge cette année là les titres en catégories 50 cm3 et 125 cm3.
Avant l'ouverture de la saison 1964, Suzuki a développé un 50 cm3 bicylindre, le RM64X (31 x 33 mm), mais c'est finalement une évolution monocylindre, le RM64, plus puissant avec son moteur dont les cotes sont passées de 40 x 39,5 mm à 41,5 x 36,8 mm, qui est engagée en GP. Le bicylindre, rebaptisé série RK, ne débutera quen 1965.
Hugh Anderson domine le début de saison (trois victoires sur quatre). Mais à partir du TT - que Suzuki remporte pour la 3e fois consécutive - Ralph Bryans, sur la Honda bicylindre double arbre à 8 soupapes, remonte au classement. Profitant de quelques revers d'Anderson (panne aux Pays-Bas, chute dans une autre catégorie en Allemagne de l'Ouest), Bryans signe trois victoires et revient à égalité. Hélas, au GP de Finlande, avant-dernière manche, Bryans doit abandonner et Anderson remporte la course au terme d'un duel contre Anscheidt, décrochant son second titre consécutif et offrant à Suzuki un troisième doublé pilote/constructeur.
Moteur monocylindre 2 temps refroidi par air - 49,8 cm3 (41,5 x 36,8 mm) - 10 ch à 12000 tr/min en 1963 puis 12,5 ch/14000 tr/min en 1964 - Compression 8,8:1 - Admission à disque rotatif et carburateur Mikuni ø 24 mm - Graissage par mélange - Allumage magnéto - Boite 9 vitesses - Embrayage multidisque à sec - Transmissions primaire par engrenage, secondaire par chaîne - Cadre tubulaire double berceau - Suspension av. télescopique, ar. oscillante à 2 amortisseurs - Frein av. 2 tambours - simple came, ar. tambour simple came - Pneus av. 2,00 x 18", ar. 2,25 x 18" - Réservoir 10 l - 60 kg - 162 km/h.
La RM64 et, en vignette, en haut, la RM63 sans son carénage permet de découvrir son cadre double berceau très moderne..