Triumph
500 cm3 CTT - 1930
Une sportive haut de gamme en attendant les twins
Dans la deuxième moitié des années 20, la gamme Triumph est vieillissante et, même si la marque reste le plus gros fabricant d'Angleterre avec environ 30 000 deux roues par an, elle le doit plus à la réputation de sérieux de sa production qu'à l'attrait de ses modèles dont la conception globale remonte avant la Première Guerre mondiale. C'est dans ce contexte qu'une gamme entièrement nouvelle est présentée en octobre 1928, la série ''C", composée de la 350 CO à soupapes en tête et les 500 CN et 550 CSD à soupapes latérales.
Nouveaux cadre et moteur
La série C inaugure un cadre simple berceau dédoublé sous le moteur commun à toute la gamme. Il fait appel en majorité à des tubes rectilignes pour plus de rigidité, corrigeant un gros défaut des Triumph dans les années 20. La lubrification du nouveau groupe propulseur est particulièrement travaillée. Fini le système à huile perdue, c'est maintenant une lubrification à carter sec. L'huile contenue dans le réservoir sous la selle descend par gravité jusqu'à une vis sans fin qui l'envoie sur les différents organes mécaniques et elle est renvoyée dans le réservoir par une pompe à engrenages. La gamme s'enrichit d'un modèle super sport au salon 1929 avec la 500 CTT à distribution culbutée totalement enclose et donc parfaitement graissée. Les culbuteurs sont montés sur roulements. Les cotes moteur longue course sont identiques à celle de la 500 CN latérale, mais aussi à la 500 TT, précédente sportive sortie en 1926. À noter que 500 CN, 500 CTT et 550 CSD partagent le même vilebrequin et la même course, seul l'alésage diffère. Ce qui a surtout impressionné les journalistes au salon de Londres, c'est le guidon d'une grande pureté. Toutes les commandes sont soigneusement intégrées et les câbles passent à l'intérieur, laissant un aspect d'une netteté rarement vu sur une machine de série.
Arrivée trop tard
La 500 CTT sort au mauvais moment, la crise de 1929 commence à faire son effet, n'encourageant pas les clients a acheter un haut de gamme, et, à partir de 1931, les motos à moteur incliné arrivent en masse sur le marché, y compris chez Triumph, donnant un gros coup de vieux aux modèles à moteur vertical. La 500 CTT ne reste que deux ans au catalogue et disparait à la fin de 1931. Au salon de Londres 1929, la 500 CTT est à £56,17. Une Norton 500 Model 18, il est vrai vieillissante, mais toujours fringante, ou une AJS 500 R8 sont à £59,10, l'Ariel 500 E est à £49 et la BSA 500 S30 est à £51. A partir de 1932, pas moins de trois 500 à distribution culbutée sont présente dans la gamme, toute à cylindre incliné : les type NT, CD ou B.
Moteur monocylindre 4 temps refroidi par air - 498 cm3 (80 x 99 mm) - Distribution par tiges et culbuteurs, 2 soupapes par cylindre, échappement double - Carburateur Amal - Allumage magnéto haute tension - Lubrification par carter ''demi-sec'' - Boîte 3 vitesses - Embrayage multidisque à sec - Transmission finale par chaîne - Cadre simple berceau tubulaire dédoublé sous le moteur - Fourche à parallélogramme Triumph - Pas de suspension arrière - Freins av. et ar. à tambour de 180 mm - Pneus av. et ar. 3,50 x 19" - 160 kg - 130 km/h
La Triumph 500 CTT est une excellente moto. Beaucoup plus attirante esthétiquement que ses devancières, et dotée enfin d'une excellente la route. Son moteur à la distribution totalement enclose est fait pour aller vite et loin. Elle arrive malheureusement au mauvais moment. La suite chez Triumph s'écrira bientôt avec un bicylindre parallèle.