Yamaha
350 cm3 YR2 et YR2-C - 1968
Une révolution, c'est la saison !
Les deux temps n'ont été considérés pendant des années que comme des motos utilitaires, mais ça, c'était avant. Tout a commencé à changer avec les DKW, MZ et Adler puis vinrent les Japonaises et, pour un grand moment, les grosses cylindrées quatre temps perdirent leur hégémonie en performances pures.
Pour les jeunes, la performance, c'est le 2-temps
Avec ses 350 cm3, la YR1, dont il se vendra 74 exemplaires en France, devient en 1967 la plus grosse cylindrée jamais commercialisée par Yamaha avec son bicylindre en ligne 2 temps refroidi par air qui développe 36 ch et un vrai tempérament sportif : un 400 m DA en 13,9 s et 173 km/h annoncés en vitesse de pointe.
Évolution à marche forcée
Cette machine innove avec un carter moteur à plan de joint horizontal, une première chez Yamaha, son embrayage en bout d'arbre primaire et, elle est, bien entendu, dotée du graissage séparé Autolube apparu dès 1964 sur la 250 YDS-3. En mars 1968, un an à peine après sa commercialisation, la YR-1 est remplacée par la YR2 dotée de cylindres à cinq transferts contre trois pour la YR-1. Un perfectionnement qui apporte plus ou moins le même résultat que l'admission par disque rotatif utilisée sur certains modèles. L'empattement est rallongé de 18 mm, et le pneu avant diminué de 3,25 à 3,00 x 18". Le poids, lui, passe de 158 à 163,3 kg.
Esthétiquement, la YR2 ne diffère guère de la YR1, le réservoir d'essence perd un litre et ses caches latéraux chromés sont remplacés par une simple peinture crème des flancs. Exception faite pour son bloc d'instruments intégré dans le phare, elle se rapproche plus de la R 3 qui va lui faire suite avec 9 kg de moins et en apportant encore un peu plus de souplesse moteur grace à son admission à clapets. Un an plus tard, en 1970, la très fameuse R5, toujours de 36 chevaux, n'avouera que 140 kg, 23 de gagnés sur la YR1 !
La YR-2 sait évoluer dans les bas régimes, mais le moteur commence à vivre pleinement à 4000 tr/min, soit 3500 tr/min de plaisir utilisables avant la zone rouge à 7500 tr/min. Il n'en faut pas plus pour séduire la nouvelle génération, d'autant qu'elle ne s'affiche qu'à 5550 F alors que la Triumph 650 Bonneville T120, négocie ses 39 ch à 6100 F.
Plus une Street Scrambler pour les Américains
La YR 2 se double dès sa sortie d'une version "Street Scrambler" YR2-C qui est surtout connue des amateurs français par sa miniature en alliage qui fut largement distribuée, en revanche la "vraie" ne fut pas importée. Échappements relevés mis à part, la C ne différait que par sa démultiplication secondaire (rapport 6-06 au lieu de 5-68)
Bloc moteur bicylindre 2 temps calé à 180° refroidi par air - 348 cm3 (61 x 59,6 mm)- 36 ch/7500 tr/min - Compression 6,9:1 - Allumage batterie 12 V, bobines - 2 carburateurs Mikuni VM 26SC - Boite 5 vitesses, sélecteur à gauche - Transmissions primaire par engrenages hélicoïdaux, secondaire par chaine - Démarrage au kick - Réservoir essence 14 l, huile 1,2 l - Freins à tambour ø 180 mm, av. double came, ar. simple came - Cadre double berceau ininterrompu - Suspensions hydrauliques av. télescopique, ar. oscillante à 2 amortisseurs - Empattement 1351 mm - Pneus av. 3,00, ar. 3,50 x 18" - 163 kg - 170 km/h.
Pas bon pour la moto, 1968 en France. Il n'y eut que 90 YR-2 350 sur les 1040 Yamaha vendues par Sonauto en 1968. La YR-2 C, photo principale ne diffère que par son rapport de transmission finale et ses échappements relevés. La YR-2 version standard est au dessus.