Web Analytics
Moto Collection



Adrien Mercier 3e Moto-chenille motocyclette motorrad motorcycle vintage classic classique scooter roller moto scooter
Photo ou archives et texte Francois-Marie Dumas
10280

Cylindrée : 500 cm3
Modèle : 3e Moto-chenille
Production : 1939 - 1939
Catégorie : Moto Tout Terrain Armée

Adrien Mercier
500 cm3 Moto-chenille JAP Sport - 1939
Le chantre de la chenille avant

Rendre la moto tout terrain a toujours été un rêve. Après les motos à skis laissons-nous glisser vers les motos à chenilles… tout un programme qui commence, bien évidemment, par des engins d'armée pour se finir, de façon beaucoup plus ludique, avec des motos - neige.

Trois écoles : monotrace, bi-trace ou tri-trace 
Monotrace, c'est  avec une seule chenille remplaçant les deux roues, (Le Haître en France et un proto BMW en 1939) ou bien avec une chenille plus une roue ou un ski dans le même alignement, comme les Mercier. 
Avec les bi ou, le plus souvent, tri-traces, une paire de chenilles se substitue à la roue arrière tandis que la roue avant est conservée. Le premier exemple que je connaisse est la René Gillet Chevreau de 1934, qui resta au stade du prototype, et le plus connu est l'Allemande Kettenkraftrad.

Adrien Mercier : La moto à chenille-avant
Il semble que les premières motochenilles monotraces furent inventées au milieu des années 30 pour répondre à un appel d'offres de l'armée française (pour lequel fut d'ailleurs aussi créée la célèbre et d'ailleurs beaucoup plus efficace 350 Sévitame). Ainsi naquirent les motos d'Adrien Mercier présentées en 1936 et la Le-Haître deux ans plus tard.
La motochenille Mercier était une parfaite monotrace où le bon Mercier avait monté moteur et chenille sur la colonne de direction. Bien à l'abri de l'air derrière un vaste pare-brise non pas en plexiglas, mais en acier blindé ce qui n'allégeait pas l'avant !  Le JAP à soupapes latérales transmettait ses chétifs chevaux par trois chaînes successives à la chenille avant et directrice, qui était métallique avec une bande de roulement caoutchoutée. Étonnamment ce très curieux ensemble respectait les normes de poids du cahier des charges de l'armée et ne dépassait pas les 160 kg (sans le pare-brise !). La chenille, oscillante sur son axe central, pouvait se relever de 40 ° pour absorber les obstacles. Le pauvre JAP à soupapes latérales fut remplacé dès 1937 par un JAP sport culbuté de 350 cm3 fort de 11 bons chevaux et accouplé à une boîte séparée à 3 rapports (par levier à main, devant le guidon !). L'examen de passage eut lieu le 9 février 1937 au Polygone de Vincennes où la belle Mercier chenillée dut s'attaquer à des pentes de 42 et 45°. Confiants dans le potentiel de cet engin né d'un cahier des charges utopique, nos brillants et peu perspicaces généraux qui ne doutaient de rien, reconvoquent la Mercier en 1939 et elle s'y rend avec cette fois un 500 JAP monotube culbuté. Doit-on le regretter ? Elle y sera recalée pour puissance insuffisante, sans atteindre le haut de la côte à 40°  et en s'embourbant dans le test du trou d'obus profond de 1,20 m. Ses pilotes intrépides ont cependant frisé les 67 km/h à son guidon. (Le propriétaire actuel a juré qu'il ne tenterait pas l'expérience !).

Et même en bicylindre
Débouté, mais pas dérouté Mercier & co revoie sa copie en simplifiant et renforçant le berceau de support de la chenille avant et, surtout, en remplaçant le JAP par un bicylindre deux temps de 540 cm3 calé à 180° qu'Aubier Dunne a étudié pour les poux du ciel, ces mini avions si en vogue avant-guerre. Prévu pour être monté tête en bas sur les avions, le bicylindre est ici retourné dans le sens classique et fixé sur la direction. Alimenté par distributeur rotatif et pourvu d'un graissage séparé additionnel en plus du mélange, il annonce fièrement 20 ch à 4000 tr/min. Le constructeur lui-même, ne voulant sans doute pas prendre la responsabilité d'une défaite, ne présenta même pas sa nouvelle réalisation à l'armée qui le relançait pourtant., mais il déposa des brevets jusqu'aux États-Unis en 1942.

Moteur JAP monocylindre 4 temps refroidi par air forcé - 490 cm3 (85,7 x 85 mm) - env 20ch/5000 tr/min - Soupapes culbutées - Alimentation par distributeur rotatif - Lubrification par pompe mécanique et huile perdue - Boite séparée 4 rapports et pignon de relai, levier de sélection devant le moteur  - Transmissions par 3 chaines - Cadre treillis sans suspensions - Moteur fixé sur la colonne de direction - Chenille métallique caoutchoutée sur chassis oscillant relevable de 40° sur l'avant - Roue arrière en tôle et non freinée - Réservoir 17 l - 10 l/100 km - 184 kg (Av/Ar 146/38) - 67 km/h.

Une improbable moto à chenille avant motrice et directrice que l'armée testa en même temps que la 350 Sévitame. Un historique complet des moto-chenilles Mercier a été publié dans la revue du Motocyclettiste n°102.




En savoir plus

Le moteur Aubier Dunne sur le Blog de Moto-Collection
cliquez ici



Cette documentation unique, de 2000 fiches et du Blog, qui constitue sans doute l'encyclopédie moto la plus exhaustive publiée sur internet, est devenue une référence chez les collectionneurs et les professionnels et reçoit aujourd'hui plus de 400 000 visites par an.

Mille merci aux nombreux spécialistes qui ont participé à ce travail,, et principalement : Albinas Baracevičius, Serge Basset, Yves Campion, Michael Dregni, Didier Ganneau, Christophe Gaime, Jean Goyard, Alain et Thibault Jodocius, Helmut Krackowizer, Jean Malleret, Michel Montange, Christian Rey, Mike Ricketts, Bernard Salvat, Mick Woollett, les clubs de marque, etc.

François-Marie Dumas - info@moto-collection.org

Me contacter pour un achat de scans ou originaux des photos et archives signées de mon nom ou des fiches sur papier cartonné.