Bultaco
360 cm3 El Bandido - 1970
Le marché américain en ligne de mire
Au milieu des années 60, le marché américain des loisirs explose, et la plupart des marques européennes font leur possible pour prendre leur part de gâteau. Pour le motocross, Bultaco a dans sa gamme depuis 1965 la
250 Pursang développée autour d'un cadre Rickmann. Mais les États-Unis veulent plus de puissance pour aller jouer dans le désert, et en Europe, les CZ gagnent en championnat du monde avec une 360 deux temps depuis quelques années. La proposition de Bultaco pour 1967 se nomme El Bandido. C'est une 350 cm3 qui n'a rien à voir avec la 250 Pursang. La partie cycle ne fait plus appel aux frères Rickman et le moteur est nouveau. C'est un bloc de 350 cm3 qui se différencie des productions précédentes de la firme par sa transmission primaire par engrenage hélicoïdal à la place de la chaîne et par son kick à droite. C'est la première "grosse" cylindrée chez Bultaco. Il est vrai que la marque, crée en 1958 par Xavier "Paco" Bulto, est encore jeune. Fabriquée de 1967 à 1972, il existe deux versions du moteur. Un 350 cm3 de 42 ch et un 360 cm3 de 43.5 ch. Cette motorisation sert aussi de base pour la El Montadero, modèle enduro, et pour la
360 de course vainqueure des 24 h de Barcelone sur le circuit de Montjuic en 1969.
Plus adapté aux déserts américains qu'aux circuits de cross européens
La Bultaco El Bandido, proposée comme une moto de cross, n'en a pourtant pas la dextérité. Elle est lourde et puissante et s'adapte peu aux terrains de motocross européens. Elle se vend par contre très bien aux États-Unis, où sa puissance, son poids et sa stabilité font merveille dans les courses de désert. Elle est remplacée en 1972 par la Pursang 350, plus appropriée aux circuits européens. Le moteur de cette dernière n'est pas celui de la El Bandido, mais une version augmentée de la
250 Pursang, avec transmission primaire par chaîne et kick à gauche.
Presque championne de France
Malgré le poids de la moto, Serge Bacou manque de remporter le Championnat de France de motocross 500 inter en 1968 et 1969, à chaque fois perdant ses chances lors de la finale. Il loupe encore le titre en 1970 avec une El Bandido qui n'a plus rien à voir avec la machine de série. Son cadre a été fait sur mesure à l'usine en acier 25CD4S et le moteur est préparé. La El Bandido du grand Serge a gagné 12 kg sur la balance. Il finit par remporter le premier de ses titres en 1971 au guidon d'une machine extrapolé de la 250 Pursang avec un moteur de 325 cm3.
Moteur monocylindre 2 temps refroidi par air - 348 cm3 (83,2 x 64 mm) ou 362,8 (85 x 64 mm) - 42 ch (350) ou 43,5 ch (360) à 7 500 tr/min - Carburateur Amal 932 - Allumage électronique Femsatronic - Lubrification par mélange - Boîte 4 vitesses - Embrayage multidisque à bain d'huile - Transmission primaire par engrenage hélicoïdal - Transmission finale par chaîne - Cadre simple berceau tubulaire - Fourche avant télescopique à amortisseur hydraulique, débattement 165 mm - Suspension arrière par bras oscillant et double amortisseur, débattement 100 mm - Freins av. et ar. à tambour ø 140 mm - Pneus av. 3,50 x 19" ou 3,00 x 21'', ar. 4,00 x 18'' - 114 kg.
La Bultaco 360 El Bandido, première moto de cross de grosse cylindrée de la marque, s'avère trop pataude pour les circuits européens, mais trouve son public aux États-Unis pour les courses de désert.