James
150 cm3 SC-1 - 1960
Injustement méconnu
James, le roi de la moto populaire et utilitaire en Grande-Bretagne, en est aussi l'une des plus anciennes marques. Fondée en 1880 par Harold James, elle produit sa première moto à moteur
Minerva en 1902 et s'intègre en 1951 au sein du groupe AMC (Associated Motor Cycles & Co) créé en 1938 par les frères Collier, les propriétaires de
Matchless. AMC rassemble déjà
AJS,
Francis Barnett, Matchless et
Norton et veut élargir son entrée de gamme. Du coup, James décide quelques années plus tard de se lancer dans le scooter avec son SC-1, une réalisation assez classique et plutôt élégante
surtout quand on la compare aux
Bond P3,
DKR, Swallow Gadabout ou Excelsior.
Bien pensé
Ne vous attendez pas à un déferlement d'innovations, le James est joli, mais aussi sage que conventionnel. Le tablier se fixe sur le très large double berceau tubulaire et la coque est habillée d'emboutis légers en tôle. La suspension à roue poussée et un bras oscillant à double branche en tôle emboutie étire un ressort en traction assisté par un amortissement hydraulique derrière la fourche. La suspension arrière est oscillante sur deux combinés amortisseurs. Le James est juché sur des roues en tôle de 12" à jantes démontables.
Classique et astucieux
Côté motorisation, non, ce n'est exceptionnellement pas un Villiers, mais cet AMC à cylindre horizontal présenté en 1959 et destiné à James et Francis-Barnett y ressemble fort. Sa boite boulonnée sur le carter permet de le monter à cylindre vertical ou horizontal. Il est logé très bas sous le plancher qui arrive à rester plat. Il entraîne par chaîne une boîte séparée à 3 rapports commandée par deux pédales au pied droit tandis qu'une pédale à gauche actionne le frein arrière. La transmission finale est sous carter étanche en tôle. Le moteur s'étant mis sous le plancher pour bien équilibrer les masses, James a pu offrir un coffre contenant deux casques (Cromwell, pas intégral !) sous la selle relevable aux côtés de la batterie et du réservoir d'essence.
Le plus européen des scooters britanniques
Les scootéristes britanniques n'ont, semble-t-il, pas les mêmes gouts que les Latins. Les ventes du James SC-1 resteront modérées alors que son prix était concurrentiel : 126 £ au salon 1960, puis 165 £ en 1961 alors que les 150 cm3
Bond P3 valaient 178 £, le
Lambretta Li 179£ et le
Vespa 160 £. Le James évoluera en SC-4 à quatre vitesses en 1963, puis s'effacera en 1966 en même temps que la firme elle-même. Il sera également vendu aux Pays-Bas sous label Matchless.
Moteur monocylindre horizontal 2 temps refroidi par air - 149 cm3 (55 x 62,7 mm) - Carburateur Amal monobloc 375/3 - Graissage par mélange - batterie 6 V - Démarrage au kick - Boite séparée boulonnée à 3 vitesses commandées par 2 pédales - Cadre double berceau tubulaire large - Suspension Av. à roue poussée et amortissement hydraulique, Ar. oscillante, 2 amortisseurs hydrauliques - Roues tôle à jante démontables - Pneus 3,50 x 12" - Freins à tambour - Réservoir 5,6 l - 123 kg (% Av.Ar: 45/55) - 105 km/h.
Au-dessus du James SC-1, un des fabuleux dessins éclatés de Lawrie Watts qui montre bien la structure très pensée de ce scooter.