175 type A - 1927
Une inconnue Clermontoise
Myrabil, une moto inconnue tout comme l'histoire de Louis Bonnet, son pilote durant la seconde moitié des années 1920. Étonnamment cette mystérieuse Myrabil se retrouva en Allemagne chez Rob Westrate, un des membres du Club Franse Motoren dont le président Daan Withagen se lança dans une invraisemblable course aux informations contactant clubs, bibliothèques et archives diverses dont celles d'Hervé Poncet, pour retrouver l'histoire de cette inconnue.
La marque Myrabil, qui appartenait à l'entreprise J. Courson, grossiste en pièces de vélo à Clermont-Ferrand, a commercialisé sous son nom au moins deux modèles de Royal Moto fabriqués par les établissements de Joseph Massardier à Saint-Étienne, les 175 BM à bloc moteur et la P à boite séparée deux vitesses et transmission par courroie, Préparée pour la course, la Myrabil type A, ici présentée, est identique à la Royal Moto 175 BM, avec, comme la version GS (Grand Sport) de cette dernière, quelques modifications sportives mineures : une fourche AYA à deux ressorts, un échappement relevé et sans silencieux partant directement vers l'arrière, un amortisseur de direction Skilfo, des grippes-genoux sur un réservoir de plus grande capacité, un porte-bougie de rechange... et hop, la Royal Moto BM de tourisme est ainsi transformée et prête à affronter avec succès les courses locales.
Vedette locale avec une moto quasi standard
Le moteur est tout à fait standard, mais ceux destinés à la série GS étaient montés dans les ateliers des Ets Massardier et soigneusement choisis et testés pour donner le meilleur d'eux-mêmes. On ne s'étonnera pas que la Myrabil ainsi coursifiée ait conservé son porte-bagages, car dans les rallyes sur de longues distances, si populaires à l'époque, le pilote devait effectuer lui-même les éventuelles réparations et réparer les crevaisons, ce qui nécessitait l'emport de quelques outils. Cette 175 Myrabil courut avec succès aux mains de Louis Bonnet à de nombreuses épreuves locales de 1927 à 29 où on le vit également avec une 250 Automoto. Louis Bonnet était par ailleurs une figure célèbre de sa région, puisqu'il fut longtemps vice-président du moto-club d'Auvergne dont le siège était... dans son café !
Bloc-moteur Massardier monocylindre 2 temps refroidi par air - 174 cm3 (62 x 57,5 mm) - 2800 tr/min - Cylindre et piston à 3 segments en fonte spéciale - Vilebrequin sur roulements à billes - Allumage par magnéto - Carburateur Amac - Graissage par mélange - Démarrage au kick - Embrayage multidisque à sec - Boite 2 vitesses - Cadre simple berceau tubulaire ininterrompu, raccords en fonte brasés - Fourche avant Aya à parallélogramme et 2 ressorts - Pneus 3,00 x 19 - Freins av. et ar. BCS à tambour ø 130 mm - 3,5 l/100 km - 85 kg - 70 km/h.
Retrouvée en Allemagne par le Club Franse Motoren, cette Myrabil, sans doute unique, est un parfait exemple des machines quasi standard qui participaient aux très nombreuses courses locales.