Tohatsu
125 LXR Grand Prix - 1968
La compétition client qui réussit après l'arrêt de l'usine
En 1961, pour supporter les ventes de ses motos, Tohatsu (Tokyo Hatsudoki Co.) décide d'entrer dans l'arène de la compétition avec la Runpet CR 50, un 49 cm3 monocylindre deux temps à boîte 4 vitesses développant 6,8 chevaux à 12 000 tr/min grâce à un taux de compression impressionnant de 18:1. Il est suivi d'une 125 bicylindre et, après des débuts encourageants au Japon dans le courant de l'année, l'entrée sur la scène internationale se fait au GP des États-Unis en février 1962 à Daytona. La course ne compte pas pour les championnats du monde et Tohatsu y finit 3e et 4e en 50 cm3, et 4e, 7e, 8e et 9e avec la 125.
Légèreté et tenue de route compensent le manque de puissance
Tohatsu n'engage pas pour autant une équipe d'usine en GP et se contente de commercialiser ses motos aux pilotes privées. Au salon de Tokyo en octobre 1962 sont ainsi proposées deux bicylindres, un 50 qui remplace avantageusement le monocylindre, et une 125. Cette dernière à la particularité d'avoir un carter en trois pièces avec plan de joints verticaux, permettant de démonter le moteur facilement, argument non négligeable à une époque où les serrages sont monnaie courante, en particulier sur les deux temps à refroidissement par air. Le cadre est un double berceau tubulaire et la fourche comme les amortisseurs arrière sont fabriqués par Tohatsu et le réservoir est en aluminium. La 125 est particulièrement performante, sa très bonne tenue de route et les talents de Dave Simmonds, compensant son manque de puissance, elle remporte avec lui, le championnat anglais en 1963. Elle est chronométrée à 142 km/h, ce n'est pas si loin de l'autre Japonaise compétition client, la
Honda CR93 qui vaut 148 km/h ou que les 151 km/h de la Bultaco semi-usine de Ginger Molloy, mais c'est 30 km/h de moins qu'une MZ officielle.
Clap de fin inattendu et survivance sans l'usine
Tohatsu se décide à sauter le pas et annonce, lors du GP du Japon fin 1963, la création d'une équipe d'usine pour 1964 constituée des Anglais Dave Simmonds et Tony Godfrey, et d'un ou deux pilotes japonais. Malheureusement,Tohatsu est déclaré en faillite en février 1964. Assistés par leur père, Dave Simmonds et son frère continueront d'utiliser ces machines avant que Dave devienne pilote officiel sur la
Kawasaki KA-2 en 1967 et remporte les championnats du monde 125 en 1969.
Après la défaillance de Tohatsu, les 50 et 125 de courses ainsi que les pièces restantes sont achetées par John Honda (sans lien avec la marque éponyme), qui se charge de les vendre sous la bannière de Japan Racing Motorcycles jusquà écoulement des stocks. La plupart des ingénieurs sont recrutés par
Bridgestone dont la 50 EJR-2 a beaucoup de points communs avec une Tohatsu, refroidissement liquide en plus. Tohatsu fait encore parler d'elle au GP du Japon sur le circuit de Fisco en 1966 en remportant les deux premières places en 125 cm3. La marque a survécu et continue de faire des moteurs pour l'industrie nautique après 1964. Elle est aujourd'hui l'un des plus gros fabricants de moteurs de hors-bord au monde.
Moteur bicylindre parallèle 2 temps refroidi par air - 124 cm3 (43 x 43 mm) - 22,3 ch/11200 tr/min - Alimentation par 2 carburateurs Mikuni ø 22 mm - Lubrification par mélange - Boîte 5 vitesses - Embrayage multidisque à sec - Transmission finale par chaîne - Cadre double berceau tubulaire - Fourche téléhydraulique - Suspension arrière par bras oscillant et double amortisseur - Freins av. à double tambour ø 180 mm, ar. simple tambour ø 180 mm - 82 kg - 140 km/h.
La Tohatsu 125 a continué à courir bien après le retrait de l'usine, et, brièvement en France, aux mains de Jacques Roca (on voit ici sa machine en 1968 restée identique aux versions officielles des débuts) avant qu'il ne passe sur Derbi en 1969.