Automoto
150 cm3 CH - 1949
Le retour au quatre temps de la marque stéphanoise
Au lendemain de la dernière guerre, tout s'annonce pour le mieux pour l'industrie motocycliste française. Les grands constructeurs ont développé de nouveaux modèles,
Motobécane avec sa D45S en 1946,
Monet Goyon avec sa 125 SAJ, Terrot avec des 100 deux temps en 46 et, en 48, la
125 EP qui aura une longue descendance. Et puis Peugeot qui, après avoir testeé le 100 cm3 d'AMC sur un prototype, revient à ses propres réalisations, avec le 100 54 SCL en 1946 suivi de la
125 type 55 en 1947. Enfin, deux nouveaux motoristes sont nés qui vont équiper la majorité des plus petites marques. Ydral dont la production débute en 1945 à Suresnes, sera la spécialiste du deux temps tandis que les Ateliers Mécaniques du Centre (AMC) à Clermont-Ferrand construiront à partir de 1944 des quatre temps de 100 125, 150, 175 et bientôt même de 250 cm3.
Automoto mange à tous les râteliers, mais son haut de gamme est AMC
Lié à Peugeot sans y être vassalisé, Automoto produira jusque 1958, pour lui ou pour d'autres, une gamme composée de bric et de broc en empruntant des moteurs à AMC mais aussi à Peugeot, Villiers, Aubier-Dunne. Un petit redémarrage débute en 1944 avec un 100 cm3 deux temps à moteur Peugeot. En 1945 nait l'AP70, un 100 cm3 à moteur Villiers. En 1946, les 125 P55 et P56 (Peugeot, rebadgés), se doublent des 125 A et AS. Peu de changement en 1948 et, en 1949 réapparaissent les premiers quatre temps Automoto de l'après-guerre avec les 125 CH à moteur AMC et notre 150 CH identique à l'alésage près. Ils sont successivement équipés des AMC série A puis série B à quatre vitesses qui comportent quelques changements internes (ø des soupapes, etc.) mais se distinguent que par la présence d'une jauge à huile sur le carter d'embrayage de la série B. Le catalogue Automoto propose aussi AS 125 à moteur Peugeot. Aucune modification notable en 1949 et 50, mais , en 1951, la CH 150 disparait au profit de la 175 CHL de la nouvelle génération comportant nombre de changements. Il n'y a plus que trois vitesses et il est reconnaissable à son kick à droite. La fourche à parallélogramme est désormais complètée par une coulissante à l'arrière. 1952 voit apparaitre les suspensions avant télescopiques sur les versions AMC 125 et 150 à 3 vit et les nouvelles 125 CHA, 175 CHBC à 4 vitesses plus une grande nouveauté, la 250 AMC à simple ACT. Grosse nouveauté en 1953 sur les Automoto AMC 125 MCL, MCLS, MCSGL et la 175 CHB qui troquent leur double berceau contre des simples berceaux identiques à ceux utilisés sur les modèles AP motorisés par Peugeot. En 1954, toujours les 125 et 175 AMC en 3 et 4 vitesses et la 250. La 175 AMC disparait en 1955 et 1956 fête une nouvelle venue la 125 SA2 à moteur Terrot deux temps. Automoto rebat une dernière fois les cartes en 1957 avec une nouvelle 125 restylée à moteur AMC, la AOS-4 dotée du nouveau moteur Alezan dans un nouveau cadre à suspension arrière oscillante et selle biplace et roues de 16". Il s'y ajoute les 125 L, L4s , Sa3 Peugeot, la 175 Socol Aubier Dunne et, bien sûr ,la 250 CHL AMC.. Retour dans le giron dominateur de Peugeot en 1958 avec les 125 P3L, 14S et Sa3S. La 125 AOS4 AMC dont il doit rester quelques exemplaires en stock fait une dernière révérence.
En 1959, Automoto ne commercialise plus que des Peugeot rebadgées. L'usine de Saint-Étienne se charge aussi de la fabrication des toute la nouvelle gamme Terrot. Tout l'outillage a été importé de Dijon.
La mécanique
Cette Automoto CH 150 ne sera produite que de 1948 à 1950. Fiables, les moteurs AMC sont dotés d'un système de graissage aussi ingénieux qu'efficace, mais attention, la pompe à huile ne fonctionne plus lorsque que le moteur est débrayé ! La boite est à quatre vitesses toutes séparés par un point mort et avec la première en haut. Un petit levier peut aider à la remise au vrai point mort.
Moteur AMC monocylindre 4 temps, 150 cm3 (52 x 69 mm) - 7ch/4500 tr/min - Compression 6,8:1 - Soupapes culbutées - Carburateur Solex 22 AD - Graissage par carter humide et pompe à engrenages, réservoir auxiliaire venu de fonderie dans le carter gauche - Embrayage à disques tout métal humide - Allumage/éclairage par volant magnétique - Boite 4 vitesses, sélecteur à droite - Transmissions primaire par engrenages, secondaire par chaine - Cadre double berceau sans suspension arrière - Fourche avant à parallélogramme à ressort central enfermé et amortisseurs à friction - Freins Idéal ø 30 mm - Roues 19" - 85 kg - 95 km/h.
(125 CH : (48 x 69 mm), 5,8ch/4500 tr/min - 72 kg)
Magnifiques restauration et présentation pour cette rare Automoto CH 150 de 1949 avec le bloc quatre vitesses. (La pédale de kick devrait être le modèle droit). Dans la fenêtre en haut à droite, le moteur du côté gauche avec son levier de remise au point mort.