Kervran
250 cm3 Sport - 1928
La seule vraie moto bretonne
Dans notre course pour être le plus exhaustif possible sur les marques françaises, cela fait bien longtemps que je cherchais renseignements et photos d'une Kervran. La production de cette marque fondée par Louis Kervran et 1926 était pourtant bien ordinaire avec des 175 à deux vitesses en 1926, puis une 250 trois vitesses en 1928 mues par des moteurs LMP. Kervran avait une autre particularité, celle d'être, à ma connaissance, le seul vrai constructeur de motos breton, perdu dans les terres du Finistère à Bannelec à 30 km à l'est de Concarneau. Bien sûr nous avions les belles
Syphax et
Gitane et ses quelques sous-marques, mais ces deux firmes étaient basées à Nantes, qui n'aime d'ailleurs pas trop son affectation en Loire-Atlantique.
Tentative de conquête
Bien que son marché soit essentiellement local, Kervan tente de l'étendre en 1926 en faisant de la publicité dans Moto Revue, assortie comme d'usage par une courte présentation de la 175 dans le n° 203 de 1926. Un an plus tard, le bientôt célèbre Philippe Maillard-Brune, alors pigiste chez MR, convainc son directeur de l'envoyer essayer la nouvelle Kervran 250 (MR 292 de 1928) à Bannelec. Essai ou semi-vacances, on ne sait, toujours est-il que Maillard Brune fit un millier de kilomètres au guidon de la 250 de présérie de la marque bretonne. Il en ressort que c'est une bonne utilitaire très stable en dépit d'un empattement court et tout à fait fiable, les quelques petits problèmes rencontrés n'étant dus qu'à des malfaçons de la présérie. Très semblable à la 175, la 250 parait plus ramassée de par son réservoir plus épais (toujours entre tubes) et surmonté d'une boite à outils. Le reste est classique, boite Staub trois vitesses et transmission finale par courroie, cadre simple berceau, fourche à parallélogramme et de beaux freins à tambour AYA de 130 mm. Les moteurs LMP 175 et 250 avaient d'ailleurs largement fait leurs preuves sur des marques comme
Austral,
La Française Diamant,
Génial Lucifer ou
Utilia et sa sous-marque
Jack Sport. Après une brève carrière, Kervran est repris par Ravat en janvier 1929, mais des 350 cm3 à moteur LMP quatre temps à soupapes en tête sont toujours vendues sous le label breton en 1930.
Philippe Maillard-Brune
On ne peut parler de cet essai sans donner un aperçu de la carrière de son pilote. Philippe Maillard-Brune débute en 1927 en moto sur une
Gnome et Rhône 500 D "Grand Sport" de 1924. Il a alors 17 ans et remporte la médaille d'argent du benjamin de l'épreuve dans le Paris-Les Pyrénées-Paris. Il est troisième du Grand Prix moto de France à Montlhéry en 1931 sur
Royal Sport à moteur Pauvert. Maillard Brune se tourne alors vers l'automobile et court de 1934 à 37 sur des voiturettes MG en catégorie 750 à 1 100 cm3. Il courra ensuite sur Delahaye avec Amédée Gordini,. Au milieu de l'année 1944, il supervise l'exploitation de l'autodrome de Linas-Montlhéry et il en devient directeur 1964 à 1976, après avoir travaillé trente-deux ans pour UTAC.
Moteur LMP monocylindre 2 temps refroidi par air - 242 cm3 (71 x 61 mm) - Cylindre fonte à double sortie d'échappement, culasse détachable - Version "touriste" à Piston fonte et simple échappement ou "Sport" à piston Alpax et double échappement - Graissage par mélange - Allumage par volant magnétique Safi - Carburateur AMAC - Graissage par mélange - Boite Staub à 3 vitesses, commande par levier direct - Cadre simple berceau interrompu - Fourche à parallélogramme AYA - Freins à tambour ø 130 mm - Pneus 3,00 x 19" - Réservoir essence 7 l + réserve d'huile sous la selle - 2,7 l/100 km -
Tricherie ou bienfaits de l'I.A. Vu l'impossibilité de trouver une photo originale, celle présentée ci-dessus est une amélioration de la très mauvaise impression parue dans Moto Revue par l'Intelligence artificielle de Chat GPT, additionnée de quelques corrections sous Photoshop. Qu'en pensez-vous ? Donnez-nous votre avis sur le blog ICI.