Monarch
250 cm3 SP1 - 1956
La maturité arrive trop tard
Au début des années cinquante, l'industrie motocycliste japonaise repart comme avant-guerre. L'inspiration britannique prévaut, et, avec une autorisation à la copie accordée par le gouvernement, pour aider au développement, une kyrielle de petites marques se lancent dans la construction de machines de 90 à 250 cm3 tout à fait dignes de leurs modèles encore que la qualité des alliages disponibles au Japon ne soit pas encore tout à fait à la hauteur. Une grande partie de ces marques délaissera l'anglomanie pour la germanomanie au cours des années cinquante, et seule une petite élite passera le cap de cette décennie.
Débuts inspirés
La firme Monarch est créée en 1952 par Fujio Nomura dans larrondissement de Minato à Tokyo, où Nomura restera comme motociste jusque dans les années 90. La marque se fait aussitôt remarquer avec la
250 M3 de 226 cm3, une sorte de modèle réduit de la
Velocette 350 MAC, qui est produite de 1955 à 56. Cette dernière année, elle est remplacée par la 250 SP1, réplique cette fois, des Velocette 500, toujours évidemment avec leur caractéristique arbre à cames surélevé. Si la M3 était un peu en retard côté performances et partie cycle, il en est tout autrement avec la SP1. À commencer par la version course de 1954 avec un échappement relevé, une fourche avant télescopique et encore une suspension arrrière coulissante qui offre quand même un assez grand débattement.
Une superbe évolution
La version commercialisée en 1956 et 57 est beaucoup plus moderne. Identique à la
226 cm3 M3 dans sa partie avant, le cadre double berceau reçoit une belle fourche type Earles articulée derrière la roue comme sur les BMW, tandis que l'arrière se pare d'une suspension oscillante. Le bas moteur ressemble à s'y méprendre aux Velocette 500 ; extérieurement, du moins, car ses cotes internes, totalement différentes de celles de la M3, demeurent quand même longue course (66 x 72 mm), tandis que les
Velocette 500 ont des cotes carrées de 86 x 86 mm. La culasse est plus nette sans les conduits d'huile extérieurs de l'Anglaise. Le graissage est à carter sec avec réservoir d'huile sous la selle précédé d'un grand filtre à air. La boîte s'inspire plutôt des Burman que de celles des Velocette. Enfin la SP1 développe cette fois 13,5 ch à 5500 tr/min, 2,5 ch de plus que la version précédente et presque la puissance de ses meilleures. La lourde
Honda 250 ME Dream de 1956 annonce 14 ch, mais 174 kg, tandis que la nouvelle
Yamaha 250 YD1 bicylindre deux temps, première d'une génération qui va dominer le monde de la course pendant des décennies, affiche 14,6 ch à 6000 tr/min pour seulement 140 kg. Cette belle SP1 ne vivra que deux ans, car Monarch cessera sa production en 1957 sans avoir pu prendre un vrai rythme de croisière malgré ses populaires 150 Pony quatre temps à moteur Meguro et les étonnants progrès de cette 250.
Moteur monocylindre 4 temps refroidi par air - 246 cm3 (66 x 72 mm) - 13,5 ch à 5 500 tr/min - 1,88 kgm à 5 000 tr/min - Soupapes commandées par tiges et culbuteurs depuis un arbre à cames surélevé - Compression : 7,0:1 - Carburateur type Amal - Graissage à carter sec, pompe mécanique et réservoir séparé - Démarrage au kick - Boite séparée à 4 vitesses, sélecteur à droite - Transmissions primaire et secondaire par chaines - Cadre double berceau tubulaire - Suspensions avant à roue poussée type Earles, arrière oscillante à 2 amortisseurs - Pneus av.3.00-19", ar. 3.25-19" - Freins à tambour latéral - L/l/h: 2 150 /740/990 mm - Empattement : 1 400 mm - 150 kg - 100 km/h.
Si le moteur ne cache pas être une copie du Velocette 500, le nouveau logo apparu sur ce modèle s'inspire clairement de Norton. La partie cycle et l'esthétique sont en revanche tout à fait originales.