ViVi
50 Super Sport - 1961
Le cyclosport italien à coeur germanique
Le ViVi est une production de Viberti associé aux moteurs allemands
Victoria, d'où le nom accouplant leurs deux premières lettres, ViVi. Viberti qui appartient au groupe Fiat, était jusqu'alors surtout connu en Italie comme une importante usine de construction de camions et de véhicules lourds. Quand la firme fait une entrée fracassante dans le monde du 50 cm3 au salon de Milan 1956 avec plusieurs modèles sous label ViVi vendus 20 à 30 000 lires moins chers que leurs homologues dans les autres marques. Tous les autres exposants ont alors demandé, sans succès, à ce que ViVi soit exclu de l'événement, affirmant que leurs prix étaient un stratagème de Fiat, pour nuire au marché moto. Une autre explication de ses tarifs était que Viberti était parfaitement outillé pour la réalisation de pièces en tôle emboutie. Il fournissait des cadres pour Victoria et profitait en échange de prix particulièrement bas sur ces moteurs. La politique du "low cost" ne suffit hélas pas à ViVi, qui n'atteint pas, loin de là, ses objectifs en Italie en dépit de grands efforts publicitaire. La marque tente donc de se rattraper à l'export, en France, via la société Riviera Motors à Paris 11e qui importait également Victoria et (pour un temps)
Zündapp et surtout en Grande-Bretagne, où ViVi s'associa avec
Dot pour diffuser sa gamme.
Sport-tourisme, en attendant mieux
Sport-tourisme plutôt que de Super Sport, notre ViVi italien à cur germanique offre de bonnes performances en accélération, mais se fait dépasser par les Benelli, Itom et autres Peripoli italiens à 100%. Il bat en revanche à plate couture nos
Peugeot BB2 S à 2 vitesses affichés à 851 F. Le ViVi 50 SuperSport est tarifé à 1060 F au même salon 1960. Le
Paloma Super Strada est au même prix, le
Mondial 50 à 1145 F. La
Mobylette AV89 est à 830 F et le
50 Spéciale présenté au même salon de 1960 est lancée à 695 F.
Une doublure plus musclée
Cette version jugée trop sage s'est doublée au salon de Milan de 1959 d'une mouture "Competizione" avec un cadre tubulaire double berceau, un garde-boue avant couvrant la roue à 180° et le même réservoir aux formes torturées qu'utilisait Ducati depuis ses 175 Sport de de la fin des années 50 jusquaux 200 Elite de 1971 à 73. La version Super Sport subsiste cependant avec quelques modifications esthétiques au fil des ans. En 1960, la version jaune vif présentée adopte un garde-boue avant à 180° comme le "Competizione, 1961, elle se dote du même réservoir bossu sur l'avant que les
Vap Super Monneret. Plus tard les ViVi, comme la majorité des autres cyclos sport, se tourneront vers les moteurs Minarelli. On note enfin que Maria Aspesi, la fille de Pietra Aspesi, concessionnaire ViVi à Gallarate, étant la cofondatrice de Aspes, on ne s'étonnera donc pas de certaines similitudes.
Moteur Victoria M51 monocylindre 2 temps refroidi par air - 49 cm3 (40 x 39 mm) - 2,8 ch/6000 tr/min - Carburateur Dell'Orto - Volant magnétique 6V 18 W - Transmission primaire par engrenages à taille hélicoïdale, secondaire par chaine - Embrayage multidisque humide - Pédalier vélo intégré - Boite 3 vitesses commandées par poignée tournante - Cadre poutre en tôle emboutie plus un minuscule faux double berceau sur l'avant, suspension avant télescopique hydraulique, arrière oscillante, bras en tôle emboutie et 2 amortisseurs - Freins à tambour simple came ø 100 mm - Pneus 2,00 x 19" - Réservoir 8 l - 42 kg - 68 km/h.
À la fin des années 50, les jeunes ne rêvaient que de cyclo-Italiens et le ViVi qui n'eut qu'une diffusion limitée dans son pays, tenta sa chance dans notre hexagone, importé par Riviera Motors à Paris 11e.