Barigo fête ses 50 ans

Barigo fête son 50e anniversaire à Thouars

par Hugues Desceliers

 » Pour célébrer les 50 ans de la belle aventure Barigo, Patrick Barigault organise un grand rassemblement les 26 et 27 septembre 2026 sur ses terres historiques à l’occasion d’une épreuve UFOLEP sur le circuit de motocross de Thouars (79100). Les pilotes emblématiques de la marque seront présents pour raconter leurs aventures « dakaresques » pimentées d’anecdotes : Grégoire Verhaeghe, Guy Dreyfus, Julien Eberhardt, Frédéric Rosset. Une exposition de 50 motos, dont l’XTZ de Stéphane Peterhansel à châssis Barigo, le prototype des tests de l’armée (jamais exposé), la F1 Désert, la Magie Noire et tous les modèles qui ont fait la réputation de la marque. En outre il sera possible de rouler sur le circuit le dimanche avec sa Barigo sous réserve de prendre une licence UFOLEP à la journée.

contact : contact@barigo-foreveur.fr « 

C’est l’occasion pour nous de revenir sur l’exposition Barigo qui a eu lieu au salon du deux roues de Lyon en février de cette année.

Une partie du stand Barigo au S2R de Lyon en février 2026

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Tout commence avec IMF (Inter Moto France), un grossiste en accessoires moto, qui achète 75 moteurs de Honda 350 XL aux États-Unis en 1976. Le cadre, qui devait au départ être fourni par Cheney en Angleterre, sera finalement construit par Patrick Barigault en France et une quarantaine d’exemplaires sortent des ateliers entre 1977 et 1978 après une présentation au salon 1976. Deux versions sont disponibles : une 350 Enduro avec moteur préparé, et une cross avec un moteur kitée 420 cm3. C’est la première réalisation  »industrielle » de Patrick Barigault.  

IMF 350 Enduro 1977-1978 à moteur Honda 350 XL

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Suite au dépôt de bilan d’IMF, les stocks sont rachetés par Otus, une entreprise marseillaise surtout connue pour ses cyclos sportifs. Otus reprend la fabrication de la moto à son compte en 1979, dans un premier temps avec le moteur 420 cm3, puis avec les moteurs de 500 XLS ou 500 XR. Quelques exemplaires trouveront preneur, mais le quatre temps de cross ou d’enduro reste un marché de niche et les Otus comme les IMF sont chères.

Otus 420 XL 1980

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Patrick Barigault crée la marque Barigo en 1980 en choisissant de voler de ses propres ailes. Pas de grandes séries en vue, mais une image forte tournée vers la compétition et la qualité. Le cadre simple berceau dédoublé sous le moteur est réalisé en tubes aviation 25CD4S. Il peut recevoir un moteur de Honda 500 XLS (Barigo HB), le monocylindre le plus moderne et performant de l’époque (en photo ci-dessous), ou le moteur de la Yamaha 500 XT (Barigo YB), le plus diffusé. Dans tous les cas, c’est au client d’apporter son moteur.

Barigo 500 HB 1981 à moteur de Honda 500 XLS

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Podiums au  championnat de France et au Paris-Dakar en 1982. En 1981, Grégoire Verhaeghe achète une Barigo 500 HB pour participer au Championnat de France d’enduro 4T qu’il finit deuxième. Pour le Paris-Dakar 1982, ses seules modifications sont un réservoir de grande capacité et un renforcement du bras oscillant. Il termine troisième avec une victoire d’étape et premier au classement Marathon, avec un sac à dos pour simple assistance (Photo ci-dessous). Ce n’est pas le premier fait d’armes de la marque, puisque Luc Duriez a remporté le rallye de Tunisie en octobre 1981, devant des pointures comme Merel sur Yamaha Sonauto et Auriol sur BMW. C’est le début d’une longue histoire d’amour entre les Barigo et les rallyes raid africain.

La Barigo 500 HB de Grégoire Verhaeghe qui a fait le Paris Dakar 1982 après avoir fait une saison de championnat de France 4T d’enduro en 1981

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En 1982, Rotax sort un moteur quatre temps moderne à arbre à cames en tête entraîné par courroie crantée et 4 soupapes. Patrick Barigault réussit à en obtenir après avoir longuement bataillé et peut enfin devenir un constructeur à part entière. La moto est disponible en version cross ou enduro en 1983. Le modèle ci-dessous a été acheté aux Domaines et était dédié à la garde rapprochée du président François Mitterand. Il a été construit une cinquantaine de RB à moteur Rotax.

Barigo 560 RB 1982 à moteur Rotax

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour le Paris-Dakar 1983, tout le monde veut une Barigo ! La marque développe pour l’occasion un modèle spécifique, la GRS pour Grand Raid Spécial : réservoir de 43 litres en Kevlar cloisonné en deux parties, fourche Marzocchi de 42 mm avec un débattement 320 mm, amortisseurs Ohlins avec un débattement 310 mm, frein avant à disque Brembo, selle courte en cuir, radiateur d’huile et cadre en acier au chrome Molybdène brasé. Le tout pèse 133 kilos à vide et atteint les 170 km/h. Treize Barigo prennent le départ, dont dix GRS, toutes alignées par des privés, ce qui fait de Barigo le troisième constructeur le plus représenté.  

Barigo 560 GRS 1983

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Deux spéciales pour le Dakar. Courant 1984, Frédéric Rosset et Julien Eberhardt, deux élèves de ENSM (École National Supérieure de Mécanique) , contactent Barigo pour construire deux motos pour le prochain Paris-Dakar en faisant un stage dans l’entreprise. L’un se charge de trouver des sponsors, l’autre aide à la construction des motos. Les moteurs sont des bicylindres Ducati, un 650 et un 750. Elle prend le nom de F1 Desert et innove par sa coque en carbone-kevlar-époxy et l’absence de cadre à l’arrière. La F1 Desert est à peine plus lourde qu’un mono.

Barigo 650 F1 Desert 1985

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Patrick Barigault et Siccardi signent un accord en 1985. Siccardi, un gros équipementier automobile, est déjà connu dans la moto pour son projet de 1000 cm3 d’endurance en 1981 doit construire les Barigo en  »série » sous licence et une nouvelle gamme standardisée au maximum est présentée au début de 1986. Trois modèles sont disponibles : un trail « Evasion », l’enduro « Tonic » et la cross « Mega ».  Elles ne diffèrent que par les débattements de suspension, l’équipement nécessaire à l’homologation et le niveau de performance du moteur : 500 cm3 et 50 ch pour la Mega, 560 cm3 et 48 ch pour la Tonic et l’Evasion. L’industrialisation ne se passe pas bien et seule une soixantaine de motos seront vendues en deux ans sous l’ère Siccardi.

Barigo 560 Tonic 1988

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sensation au salon de Paris 1986, Barigo présente la Magie Noire, une moto particulièrement attrayante et agressive, tout de noir vêtue qui lance véritablement la mode supermotard . Elle arrive à la fin de l’ère Siccardi et ne sera produite qu’au compte goutte. Le modèle en photo a une tête de fourche (option Barigo) et son propriétaire à apporté quelques modifications avec un freinage Beringer et une fourche inversée White Power.

Barigo 560 Magie Noire 1988

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Début 1988, Patrick Barigault reprend son indépendance. Et comme nous sommes en France, il est plus facile d’obtenir un financement en repartant de zéro, que d’utiliser une base prête à entrer en production ! Patrick Barigault construit un nouveau cadre en aluminium à base de deux longerons latéraux rectangulaires et participe au Championnat de France Supermotard. Les enseignements de la compétition permettent de présenter au salon de Paris en 1991 une gamme de 2 modèles : enduro et supermotard. La photo ci-dessous présente le prototype du modèle supermotard.  

Prototype de la Barigo 600 SM présentée au salon 1991

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour finir, une routière. L’Onyxa, la dernière des Barigo  ayant fait rêver dans les chaumières, est présentée au salon de Paris en octobre 1993. Cette rivale de la Ducati Supermono dispose du même cadre que les modèles Enduro et Supermotard. Seuls l’habillage, les freins, roues et suspensions sont différents, mais il n’en sera malheureusement construit que trois exemplaires.

Barigo 600 Onixa 1993

 

 

 

 

 

 


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