Luigi Colani: le bio-design

Le grand styliste Luigi Colani nous a quittés le 16 septembre dernier. Il fut l’inventeur du bio-design, un dessin tout en rondeur inspiré par la nature et l’aérodynamisme. On lui doit beaucoup d’études pour l’automobile chez de très nombreuses marques, pour l’aviation et dans les domaines les plus variés, mais aussi pour la moto avec quelques étonnantes réalisations qui ont largement influencé leur temps.

Je vous laisse vous reporter aux nombreux articles disponibles sur l’ensemble de son œuvre, des meubles aux lunettes en passant par les trains, les camions ou les appareils photo avec par exemple le fameux Canon T90 de 1986 qui abandonnait pour la première fois les lignes anguleuses pour un dessin totalement fluide. Le rêve du styliste s’est aussi beaucoup attaché à la moto avec des dessins qui révolutionnaient le design de nos véhicules favoris et qui inspirèrent nombre de designers.

Allemand, d’ascendance suisse et polonaise Lutz « Luigi » Colani étudie les Beaux Arts à Berlin avant de se spécialiser à Paris dans l’aérodynamisme à l’école Polytechnique et dans la philosophie analytique à la Sorbonne de 1949 à 1952. C’est durant cette période parisienne qu’il publie ses premiers dessins et études dans Motocycle, Scooter magazine et Le Scooter pour lesquels il réalise quelques couvertures toutes conçues autour du rêve d’une moto à réaction. À cette obsession de l’aérodynamisme d’inspiration très aéronautique s’ajoute bientôt une autre caractéristique de tous ses dessins, le bio design et ses motos en sont un bel exemple.

La moto du futur vue par Luigi Colani avec une moto à réaction pour le numéro spécial salon de « Motocycles » en 1952.
Moto-scooter à réaction encore sur le numéro de janvier 1953 de « Scooter magazine » et celui d’août 1957 de « Le Scooter ».
Sa première réalisation réelle connue autour d’une moto date de 1972 avec une Münch Mammouth habillée d’une vertigineuse robe en polyester aux formes rondes et fluides qui préfigurent toutes ses réalisations postérieures.
Un an plus tard, en 1973, il confond l’homme et la machine avec cette étonnante sculpture en polyester, parfaitement représentative du bio-design.
Un projet de scooter exposé à la Colani Design Company.
Bien naturellement, la plupart des études faites par Colani pour des grands constructeurs sont restées dans le secret des usines et c’est un miracle que s’en soit échappée cette mauvaise photo d’un prototype baptisé Alula et réalisé pour Yamaha en 1980.
En 1986, Luigi Colani s’associe à Fritz Egli pour concevoir cette explosive moto de record MRD-1. Pilotée par Urs Wenger alors âgé de 23 ans, la MRD-1 atteint 336 km/ h à Nardo en Italie le 7 décembre 1986 et bat le record de vitesse sur 10 km départ arrêté couverts à 272,4 km/h de moyenne. Le précédent record était détenu par Ron Haslam sur la Elf-Honda à 245,4 km/h.
La Colani Egli est animée par un quatre cylindres Kawasaki dérivé de la 900 Z1, porté à 1428 cm3, alimenté en carburant spécial par injection et deux turbocompresseurs qui développe 320 chevaux. Il est logé dans un cadre Egli et totalement habillé, roues comprises, par des carénages, toujours en résine, mais armée cette fois de carbone et kevlar.
Impressionnante sous tous les angles, la fabuleuse Colani Egli des records a été exposée au centre Pompidou et, en 1990, au défunt Centre International de l’Automobile à Pantin.

Pour compléter cet article avec des photos, merci de me joindre sur info@moto-collection.org

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

6 commentaires sur “Luigi Colani: le bio-design

  1. Michel Desmet dit :

    Quel designer fantastique! BMW, avec sa K1 aurait très bien pu s’inspirer de la moto de record MRD-1!

  2. LAFAVE dit :

    Un grand artiste qui nous quitte encore

  3. Daniel dit :

    Encore du » pas connu » Bravo.
    Juste une interpellation sur cette phrase « bat le record de vitesse sur 10 km départ arrêté couverts en 32 secondes soit à 272,4 km/h de moyenne. » Je pense qu’il y a une erreur soit sur la distance soit sur le temps.
    Merci encore pour tes articles superbes

  4. François Arsène dit :

    Mastoc, rondouillard à l’extrême et avec des bourrelets, pour moi c’est la version motocycliste des femmes de Botero !

  5. fmd dit :

    heu, c’est bien vrai je supprime donc ces 32 secondes qui venaient de je ne sais plus où ! Bravo pour ta sagacité.

  6. jackymoto dit :

    La moto a turbine est un bel exercice de style, mais il aurait fallu qu’une grosse partie du carénage serve de réservoir de kérosène, vu la consommation du bazar. Celles en forme de bites, par contre… Ne dites pas du mal de la K1, j’ai la chance de connaître Sidney, sont sympathique dessinateur!