Tour d’Auvergne 2019 : coup de chaud pour les ancêtres

On voit de moins en moins rouler les motos d’avant-guerre et les clubs semblent obéir aux lois de la sélection naturelle. Tous, non ! une tribu arverne résiste encore et toujours à l’évolution.

Fidèles à leur habitude, les Vieux Bols Avernes, dirigés de main de maître par Élisabeth Merle, viennent de finir leur 29e tour d’Auvergne : 400 kilomètres de départementales tordues enroulées en deux jours. Avec en prime cette année… la canicule à 38°, c’était aussi dur sous le casque et le cuir que pour les vieux moulins à refroidissement par air et lubrification parcimonieuse ! 130 motos de 1927 pour la plus ancienne, une Terrot 350 HSC, à 1967 pour la plus récente (mais d’avant 1950 pour la grande majorité), ont pourtant fait le pèlerinage guidé par un road book, un fléchage et une assistance dignes de tous les éloges. Pas de long défilé ennuyeux adapté à l’allure du plus lent, mais des petits groupes ou des solitaires roulant à leur vitesse bien souvent étonnante pour de tels ancêtres. J’ai redécouvert au hasard de ma route le Tour d’Auvergne 2019, tour auquel j’avais moi-même participé en MGC de 1933 attelée il y a quelques décennies, et j’y reviendrai… pourquoi pas pour la trentième édition anniversaire, il faut se dépêcher. Ils commencent à refuser du monde.

Photos ©François-Marie Dumas/moto-collection.org

Elisabeth Merle, l'âme du Tour d'Auvergne a déjà prévu la prochaine fête : "Pour la 30e en 2020, tout est déjà prêt à 90 %."
Que des ancêtres, de la prestigieuse Vincent 500 Comet de 1954 à la Motobécane 175.
Les plus anciennes du plateau étaient la Peugeot 350 P107 de 1928 de Gorges Pellegrini et cette Terrot 350 HSC de 1927 dans un superbe jus d'origine.
Pose bien méritée le samedi midi. Il fait presque 40°C sous le soleil auvergnat !
D'origine l'Ariel 1000 Square Four souffre d'un sérieux manque de refroidissement des cylindres arrières, mais cette belle version bitube de 1955 semble pourtant bien supporter la canicule.
Pas courante cette Armor (sous-marque d'Alcyon) 350 SS de 1930 animée par un très beau Zürcher culbuté.
L'une des vedettes du plateau, cette Matchless 990 X attelée de 1939 semblait sortir directement du magasin.
Ce sublime modèle 1932 de la petite marque dijonnaise Durandal est équipé d'un moteur Rudge Python de 350 cm3 à quatre soupapes radiales.
La Peugeot 350 P105 fut l'une des premières à populariser le bloc moteur. Les soupapes sont culbutées contrairement à leur petit air d'ACT. Cette luxueuse version DT de 1932 annonçait 10 ch, 130 kg et 100 km/h.
Chacun suit à son rythme, ce qui n'était pas bien rapide pour cette Motobécane 125 D45 S de 1949 un tantinet sur-restaurée.
Chant du cygne de la firme Jonghi, cette 250 deux temps H54 T de 1954 était le plus gros modèle d'une gamme composée d'une 125 deux temps de même allure et de la prestigieuse 125 quatre temps à simple ACT.
Deux scooters seulement ont osé affronter les monts d'Auvergne, un Lambretta et ce bien plus rare Bernardet C 125 2e série de 1950-51.
Peu, voire pas d'italiennes mis à part une Sertum 500 de 1951 et cette Ducati 125 TS italo-espagnole construite de 1958 à 1960 par l'usine Mototrans à Barcelone.
Une belle américaine pour finir ce tour du parc durant la pause, l'Indian 500 cm3 type 741 de 1944. une réplique allégée de la 750 Military Scout construite pour l'armée.
Alain Roux sur sa Gillet 500 SuperSport de 1927.
Anne-Lise Peynin au guidon de sa Gnome & Rhône 125 R4S de 1957 dans un étonnant état de conservation.
L'indestructible 750 v twin René Gillet des années 40 avec son traditionnel side car Bernardet Dragons portés.

Pour compléter cet article avec des photos, merci de me joindre sur info@moto-collection.org

10 commentaires sur “Tour d’Auvergne 2019 : coup de chaud pour les ancêtres

  1. Louis dit :

    C’est vraiment beau à voir, belles photos et machines, Bravo Louis

  2. BASSET dit :

    Bonjour

    Quel plaisir de retrouver des photos du dernier tour d’Auvergne que je viens de faire avec ma Ratier C6 S
    .Vous avez raison il y a encore des passionnés et des courageux qui roulent en vrais moto anciennes.
    Nous avons eu très chaud mais quels paysages magnifiques que ces montagnes du Cezalier.
    Félicitations pour votre site toujours très interessant.
    Merci

    Gilles Basset

  3. flyingairy dit :

    traditionnellement on apellait « ancêtre » les avant-1914…puis venaient les « vintage » (jusqu’aux années 20), puis les « classics » (des années 30 à 1940), puis les « post-war »….post-deuxième…guerre mondiale biensûr….Aujourd’hui « vintage » comme « ancêtres » sont accomodés à toutes les sauces et ont perdus leurs sens….bien heureusement, les machines, elles demeurent…Et pas des moindres très visiblement!! BRAVO! Très belles photos, et de plus populaires méritent aussi la « une », on distingue en effet de la Dollar, ou encore de la Motobécane Bloc B (dont la belle déco semble dans son jus, un gros plan et une prise de dimensions du décalc étayerait bien mes recherches sur la précision de ce décalc, aujourd’hui quasi-introuvable dans le commerce dans la bonne dimension…..sauf chez un seul et unique refabriquant bien connu, réalisé à ma demande….mais probablement toujours perfectible…. Heureusement, il y a encore des motards capables de gérer la richesse du carbu double-manettes et l’avance à l’allumage pour vaincre les reliefs sous la chaleur….Une randonnée qui donne envie!!

  4. Henri Mazet dit :

    Et oui, Le tour d’Auvergne c’est vraiment bien: belles motos, belle organisation, Elisabeth est super.

    Mon reportage sur ce week-end de bonheur : http://faites-pour-rouler.over-blog.com/2019/06/le-tour-d-auvergne-2019.html

  5. Pellegrini Georges dit :

    AH NON, pas d’accord: La moto la plus ancienne était ma 350 Peugeot P107 de 1928!
    C’est la grise et rouge que l’on voit d’ailleurs en arrière plan sur la photo de la P105 bitube bleue.
    Une petite année qui compte!
    A part ça joli reportage d’une bien belle sortie.

  6. fmd dit :

    Oups ! Désolé cher Georges, je modifie immédiatement mon texte.

  7. Salut Louis Sympas le reportage et je confirme superbe organisation merci Elisabeth pour ce week-end vivement les 30 ans.
    Sinon la terrot entube est une hsc de 1927 je suis son mécano c est pas grave
    A+
    Phil

  8. fmd dit :

    Damned, j’ai été enduit d’erreur par le listing qui indiquait HST 29 ce qui était impossible car elle n’est plus entre-tubes. J’ai donc opté pour la plus plausible version 28. Vous me dites HSC de 27 et vous avez certainement raison car vous savez vu la machine de plus près que moi. Je suis par contre étonné que le silencieux aluminium ne soit pas prolongé d’un tube comme il apparaît sur les catalogue… ne chicanons pas et laissons les mouches tranquilles, elle est dans un jus superbe. Je corrige bien entendu mon texte.

  9. Bernard PALACIO dit :

    Salut François Marie,
    Si Marc Defour était toujours parmi nous, la volée de bois vert qu’eût ramassé cette pauvre D45S de 1949, zéro pointé ! Je l’ai vue de prés, des chromes partout, de gros anachronismes, accessoires divers (échappement) enfin tout ce qu’il ne faut pas faire… Bon pas trop grave, on n’est pas à une D45S prés, mais l’ennui, comme elle en jette, c’est qu’elle fasse référence…
    Que Saint Emilion et Saint Estèphe te protègent, amitiés arvernes,
    Bernard

  10. Pitou Laumont dit :

    Super !
    Ne pas oublier non-plus le bisannuel « Liège-XXX-Liège » (cette année XXX = Chamonix) : 3200 kms en une semaine pour motos d’avant 1940 !

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