Les fantômes de l’avenue de la Grande Armée : 1899-2021 # 3

Un ultime tour avenue de la Grande Armée nous fait cette fois visiter les fantômes des numéros impairs, à gauche en venant de l’Arc de Triomphe. Il y en a moins, mais c’est du lourd.

Notez que ce chapitre n’est pas figé, comme d’ailleurs tous les autres articles du blog, et qu’il peut s’enrichir par la suite de documents retrouvés.

Idem pour les fiches :  il est désormais possible de rajouter des marques et des modèles (voir Styl’son) et je compte sur vous pour me donner un coup de main pour cet enrichissement.

 

9 et 13

Passons rapidement sur les numéros 9 et 13. Au 9, aujourd’hui Paradise Étoile, se trouvait, au début des années 20, le magasin « Aux Marins – articles de sport » et bien sûr de moto.

Le 13 n’a de nos jours plus rien à voir avec la moto, mais il présentait en 1920-22 le Skootamota.

23

En attendant, sans doute, les motos chinoises, c’est aujourd’hui la banque de Chine qui est installée au numéro 23. De 1902 à 1908, on y vendait les bicyclettes, motocyclettes, tri-cars et tri-voiturettes Georges Richard, fabriquées dans la Somme et dans les années 20, on trouvait au 23 la société d’équipement électrique Paris Rhône connue pour ses magnétos.

29

Star Motors ne sait sans doute pas que ses locaux étaient occupés depuis 1899 jusque dans les années 20 et ensuite par la compagnie des cycles et automobiles Hurtu et les cycles et motocycles Rochet (qui ont d’ailleurs absorbé Georges Richard cité au n°13). Le 29 est aussi la première adresse déposée en septembre 1903 par Edmond Gentil fabricant des motos Alcyon, alors construites à Neuilly. Le magasin de vente Alcyon se transporta l’année suivante au n° 16 de l’avenue. À partir de 1946, c’est Robert Piel qui y vendit toute la gamme Motoconfort et Motobécane. Le 27/29, aujourd’hui Japauto Automobiles, est consacré aux voitures Honda.

35

Au 35, juste après Star Motors qui occupe de nos jours le 33, se vendaient de 1902 à 1904, les motocyclettes Breuil dont le plus grand exploit du premier modèle de 239 cm3 en 1902 fut un chronométrage à 39 km/h sur un kilomètre départ lancé dans une côte à 10 %.

La motocyclette Breuil en 1903 avait un moteur fixé dans un cadre de vélo.(archives Bernard Salvat)
La version 1904 est beaucoup plus évoluée et la publicité s'adresse très étonnamment à la clientèle féminine. (archives Bernard Salvat)

43 à 47

Yamaha Patrick Pons ouvert dans les années 70, est au 47 et Honda représenté par Japauto créé par Christian Vilaseca en 1956 est au 43. Le 45 n’est que l’entrée de l’immeuble d’habitations et de bureaux, mais s’y exposaient, en 1922, les moteurs Lumen adaptables pour vélo fabriqués rue de Ridder dans le 14e arrondissement.

Patinette équipée d'un moteur adaptable Lumen vers 1922.
Japauto pour Honda en 1969 et Patrick Pons, pour Yamaha l'année suivante, s'approprient les n° 43 à 47.

49

Quelques mètres plus bas, la belle agence BMW au 49 a pris la place vers 2010 des bateaux Beneteau. La place était occupée de 1923 aux milieu des années 50 par la non moins belle agence art déco Gnome & Rhône.

Gnome & Rhône est toujours au n°49 dans les années 50.

55 à 69

Plus de moto au n°55 où s’exposaient en 1936 les Automoto et l’ancienne adresse du Syndicat Général des Vélocistes et Motocistes au 59 de 1951 à 1970, est aujourd’hui un café. Point de deux roues non plus au n° 69, siège social dans les années 50 de la société SOTECMA (société technique de construction de moteurs auxiliaires) dont un moteur deux temps à variateur équipe par exemple le célèbre trois roues Solyto siglé de la marque lyonnaise New Map et produit par la Sté Lyonnaise de Tôlerie de 1952 à 64 puis par KV de 1964 à 74. Il a également motorisé certaines Ultima et Gnome Rhône.

New Map Solyto 125 TC6 de 1960.

79 et 83

La moto a aujourd’hui délaissé ce bout de l’avenue, mais cela n’a pas toujours été le cas. Au 79 apparut brièvement en 1951 la société MOVEA (Motos VElos Armes) importatrice des BSA et Sunbeam dont le siège et les entrepôts étaient à Nanterre. MOVEA passe ensuite dans le giron de la CGCIM  (comptoirs généraux du cycle et de l’industrie mécanique)

De 1900 à 1907, les bâtiments alors au 83 (remplacés par un grand immeuble moderne qui fait suite au n° 75 : ancien siège social de PSA Peugeot Citroën qui a quitté les lieux en 2017) abritaient la Société industrielle des téléphones-voitures automobiles système Ader, firme fondée par Clément Ader, pionnier de l’aviation en France. Cette société Ader produisit de 1900 à 1907 des automobiles de 8 à 25 chevaux à moteurs bicylindres en V, une spécialité maison. L’usine se situait non loin, au 98, rue de Cormeilles à Levallois-Perret. (En 1949, la mémoire du pionnier de l ‘aviation était commémorée par une place juste devant la maison de la radio dans le 16e arrondissement tandis que le 83 apparaîssait à la fois sous le nom de « La station-service 83 », dévolu à l’entretien et la réparation des DKW et de garage Guitton spécialisé dans les voitures d’occasion. Gilbert Guitton, raconte un de ses proches, vendait bien souvent des autos en reprenant des motos dans les années 50 et était contraint, faute de marché, de les envoyer, la mort dans l ‘âme, à la ferraille.


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Pour compléter cet article avec des photos, merci de me joindre sur info@moto-collection.org

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5 commentaires sur “Les fantômes de l’avenue de la Grande Armée : 1899-2021 # 3

  1. Jackymoto dit :

    Tant que nous sommes dans les anciens magasin, les Velocette ont été importées dans
    les années cinquante par Sandford. Quel était son prénom et avait il un rapport avec
    les cycle-cars homonymes?? En bref, quelqu’un sait il plus de choses?

  2. RUDLER dit :

    C’est effectivement un bonheur de découvrir ces belles photos et l’histoire qui les accompagne !

  3. cognat dit :

    encore une fois bravo FMD pour cette descente des champs.

  4. Merci de cette page historique ! C’est toujours un grand plaisir s’ouvrir tes mails ! Que du bonheur à découvrir l’histoire du deux roues ! Bien à toi … Lambrettistement

  5. Bonjour FMD,
    Bel article qui change un peu des défilés de motos. Dans le monde de la moto il y a des motos, bien sur, mais aussi des hommes, des champions, des entrepreneurs, des inconnus qui faisaient vivre tous ce petit monde, et des lieux, usines circuit et magasins de motos. Les grandes boutiques: Moto-bastille, Ladeveze, Murit, Japauto (j’aurais préféré Japmoto mais bon) et les petits bouclards, Krajka (rue Saint Maur), Ragu, Apietto et bien d’autres.
    Ils ne reste plus que des publicités et des souvenirs.
    Merci de les dépoussiérés un peu.
    Patrick LE PARC