Bol d’Or 100 ans/200 photos #1 les années 20

Chapitre 1 : Les années 20

Créé en 1922 par Eugène Mauve, le Bol d’Or fête cette année ses cent ans avec des périodes glorieuses et d’autres, beaucoup moins et cette course mythique est devenue notre emblème français, aussi connue dans le monde que son pendant automobile les 24-Heures du Mans. Le but n’est pas ici de retracer toute son historique et ses résultats, mais de réunir quelques photos qui, par leur ambiance, retracent ces fabuleux cent ans de course d’endurance. 

Moto-collection.org, étant avant tout axé sur l’histoire, ce panégyrique en plusieurs épisodes, s’arrêtera volontairement en 1970.

Merci à BNF Gallica pour ses archives photographiques et à l’inoxydable site Racingmemo pour ses tableaux de résultats – Comme d’usage les liens en bleu renvoient aux fiches descriptives des motos.

Le Lyonnais Tony Zind, vainqueur des deux premiers Bols d'Or sur sa Motosacoche 500 byclindre 2C10 Sport. (BNF-Gallica)

D’un circuit et d’un mois à l’autre

Le premier Bol d’Or en 1922 a lieu à Vaujours sur un circuit assez improvisé de 5,126 km reliant Livry-Gargan, Vaujours, Coubron, Clichy-sous-Bois et retour. En 1923, le Bol s’installe sur le circuit des Loges (5,8 km) à Saint-Germain. Le circuit étant frappé d’interdiction après un accident, le Bol fait un bref passage à Fontainebleau en 1927 sur le circuit de l’Obélisque (5,2 km) pour sa 6e édition. Retour à Saint-Germain en 1928, mais cette fois au Circuit de la Ville (4,8 km) où il reste jusqu’à sa 15e édition, en 1936. Le Bol arrive en 1937 à Montlhéry sur le 2e circuit de 5 km où il a lieu jusqu’en 1939. Après-guerre, le Bol d’Or revient au circuit des Loges à Saint Germain pour éditions de 1947 et 48, puis se fixe à Monlhéry sur le 3e circuit de 6,3 km de 1949 à son arrêt faute de combattants en 1960. Il reprend sous l’égide de Moto-Revue, qui abrite l’AMCF, à partir de 1969 sur le même circuit de Montlhéry  puis s’exile au Mans sur les 4,42 km du circuit Bugatti de 1971 à 1977. Il passe au Paul Ricard au Castellet de 1978 à 1999, s’en va à Magny-Cours de 2000 à 2014, revient au Castellet de 2015, est supprimé en 2020 pour cause de Covid et revient en 2021 à jusqu’à la prochaine et 85e édition les 17 et 18  septembre 2022, première épreuve du championnat du monde d’endurance (WEC).

De 1922 à 1960, le Bol d’Or avait traditionnellement lieu durant le grand week end de la Pentecôte fin mai ou début juin. Il est alors abandonné et c’est à partir de sa reprise en 1969 qu’il se déroule mi ou fin septembre.

Le premier Bol d’Or

1922, du 27 au 29 mai l’association des Anciens Motocyclistes Militaires présidée par Eugêne Mauve qui organise le premier Bol d’Or à Vaujours, à une douzaine de kilomètres de Paris sur un circuit qui va de Livry-Gargan à Clichy-sous-Bois. Il y a en fait deux courses, celle réservée aux motos qui se déroule du samedi à 6 heures au dimanche 6 heures, puis les side-cars et cyclecars du dimanche 8 heures au lundi même heure. Bien évidemment, il n’y a qu’un pilote par machine, mais il a quand même le droit de s’arrêter pour un peu de repos ! 23 motos sont engagées réparties en catégories 250, 350 et 500 cm3, puis 9 side-cars, 10 cyclecars 750 cm3 et 21 cyclecars 1100 cm3. À l’arrivée ne reste que quatre 500 cm3, trois 350, cinq 250 et deux bicyclettes à moteur rajoutées en dernière minute ! Le grand vainqueur est le Lyonnais Tony Zind sur Motosacoche bicylindre 2C10 Sport de 500 cm3 qui a parcouru 1245 km à 51,9 km/h de moyenne, une performance étonnante quand on imagine l’état des routes non bitumées de cette époque.C’est aussi une Motosacoche, la 1000 cm3 de Gex, qui remporte la catégorie side-cars à 48 km/h de moyenne.

1- La curieuse Motosolo à refroidissement liquide de Lods est la seule à terminer en catégorie Side-Car 350 à 24 km/h de moyenne. 2- Coudert et Borgotti sur Griffon 250 cm3 ne seront pas à l’arrivée. 3-  La vedette de l’époque, Vuilliamy et sa 1000 Harley Davidson abandonne alors qu’il mène la course à la 6e heure.(BNF Gallica) 4-  Debladis et Sigrand (DS Malterre) sont alors spécialistes en pièces détachées et motos Indian et autres américaines de la guerre reconditionnées) et Camille Sigrand qui pose ici en solo, court el Bol en side-car et abandonne après avoir battu un record du tour. (Archives moto-collection.org) 5- On appelait ça course sur route, mais quelle route ! et les virages dans Clichy sont à angle droit.(BNF Gallica) 6- Ici en tant que pilote, l’ingénieur Marcel Violet (à gauche), grand spécialiste du deux temps, et Baudelaire sur des Griffon, dont le moteur 100 cm3 Sicam est justement dû à Violet, ont terminé l’épreuve en catégorie BMA (bicyclette à moteur) à 32 km/h de moyenne pour Violet !

1923 – 1929

Le deuxième Bol d’Or de 1923 est cette fois couru sur le circuit des Loges à Saint Germain où il restera jusqu’en 1926. Fini l’assoc’ des anciens combattants, mais toujours le même président Eugène Mauve qui vient de créer l’AMCF (Association Moto-Cyclecariste de France en décembre 1922. Après le total amateurisme de la première édition, il y a maintenant des stands de ravitaillement, et même un éclairage partiel du circuit avec des projecteurs de la défense antiaérienne.  Et il y a encore des courses distinctes, mais la répartition est différente. Du 19 au 20 mai, les bicyclettes à moteur, motos et side-cars (en 9 catégories quand même !) et du 20 au 21 les cyclecars biplaces. Une fois encore c’est Zind et sa Motosacoche qui remportent l’épreuve au scratch à plus de 120 km devant le 2e ! De 1924 à 26, le Bol est remporté par la 500 Sunbeam aux mains de René Francisquet les deux premières années et de Damitio en 26. En 1927, le Bol qui a émigré provisoirement à Fontainebleau voit comme les deux années suivantes la Belgique sur le podium, avec une 350 FN pilotée par Lempereur en 27, puis des Gillet 500 de Victor Vronen en 28 et 29 où l’épreuve est retournée à Saint-Germain, mais cette fois au circuit de la ville.

1- Le Bol d’or est aussi ouvert aux petites cylindrées. Ici Etienne Chéret vainqueur de la catégorie Vélomoteurs 125 cm3 sur PS Mascotte au Bol d’Or 1923.(BNF Gallica) 2- Cette photo du départ du Bol en 1925 sur le circuit des Loges à Saint-Germain donne une idée de l’état de la route.(BNF Gallica) 3- Autre photo du départ et la couverture du Moto Revue avec les deux DFR victorieuses de ce Bol d’Or 1925.(BNF Gallica) 4- René Milhoux et Steyns dans le rôle du singe au Bol d’Or 1928 sur leur Gillet 600 (archives Yves Campion) 5- Les mêmes à l’arrivée avec le bouquet des vainqueurs. A droite avec une cigarette c’est Andrieux, le compère de Robert Sexé pour ses grands Raids sur Gillet. (archives Yves Campion) 6- Départ du 7e Bol d’Or à Saint-Germain en 1928 (BNF Gallica) 7- La Gnome & Rhône 500 D2 de Marc en 1928 qui, tout content, explique sur son panneau qu’il est arrivé 2e des Gnome & Rhône avec une D2 « modernisée » juste derrière Bernard, le pilote officiel, sur la dernière D4 bitube préparée par l’usine.(archives moto-collection.org) 


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Pour compléter cet article avec des photos, merci de me joindre sur info@moto-collection.org

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5 commentaires sur “Bol d’Or 100 ans/200 photos #1 les années 20

  1. fmd dit :

    C’est ce qui est noté das Racing Memo et MR

  2. brumos dit :

    Le tracé de 1969/70 est bien le 3 ? Bretelle lapize incluant les s du gendarme developpant 7,8km ?

  3. COMPAN dit :

    Bonjour François-Marie
    Quel plaisir de te lire et découvrir tout ces documents. Merci, merci.
    Yves COMPAN

  4. Daniel DAVID dit :

    Super idée et surtout super sujet
    J’ai une photo de la D2 de Marc plus claire je te la fais suivre.
    Amicalement
    Daniel

  5. jackymoto dit :

    Les moteurs de cette époque dépourvus de filtres étaient de véritables aspirateurs à
    poussière et quand on voit l’état de la piste… La plupart des machines des années 20 n’avaient pas de freins dignes de ce nom. Du sport où les pilotes avaient besoin d’une sacrée endurance….