Brooklands au féminin

Suivez-moi pour cette page spéciale « femmes motardes » sur le très vieil et très célèbre autodrome de Brooklands. Inaugurée en 1907, la fameuse piste ovale, relevée de 30 ° dans les courbes, fait 4,3 km et, pire encore qu’à Montlhéry, son béton rapiécé au fil des ans deviendra vite un cauchemar pour les coureurs ce qui n’empêchera pas motos et voitures d’y collectionner un nombre impressionnant de records de vitesse. Dés les années 20, l’autodrome construit en zone très urbanisée, dans le sud-est de l’Angleterre à une trentaine de kilomètres de Londres, suscite l’ire des locaux qui se plaignent du bruit. Ainsi naissent les fameux silencieux type Brooklands (queue de poisson pour nous français) rendus obligatoires à partir de 1924 pour tous les véhicules courant sur l’autodrome. En 1939, Brooklands ferme ses portes pour se consacrer exclusivement à l’usine aéronautique Vickers et, , la vieille piste irrémédiablement endommagée par les bombardements ne rouvre pas après les hostilités, au grand plaisir des riverains. 

Quel style !… C’est Miss Billie Painter lancée à près de 130 km/h (c’est ce que nous dit la légende de la photo !) sur l’autodrome de Brooklands au guidon de sa 250 Excelsior lors  de la première course des dames en 1926.

Quel style !… C’est Miss Billie Painter lancée à près de 130 km/h (c’est ce que nous dit la légende de la photo !) sur l’autodrome de Brooklands au guidon de sa 250 Excelsior lors de la première course des dames en 1926.

En Grande-Bretagne, comme d’ailleurs en France et en Allemagne, quelques rares femmes brillent dans les grandes épreuves motocyclistes et en particulier en endurance. En 1922, Gwanda Hawkes couvre ainsi deux fois douze heures (interdiction d’utiliser l’autodrome de nuit à cause des plaintes des voisins !) à 71,8 km/h de moyenne au guidon d’une 250 Trump-Jap. C’était une exception, car il faut attendre 1926 pour que l’autodrome de Brooklands s’ouvre ses courses aux femmes et encore, à la condition qu’elles courent entre elles ; elles n’auront le droit de se mêler aux hommes qu’en 1932 ! Pour fêter cette première admission, le « London Ladies Motorcycle Club » organise le 27 septembre 1926 « The Ladies’ Day », la première course réservée aux femmes dans l’histoire du motocyclisme britannique. Une épreuve qui se résume en fait à une démonstration sur un tour du circuit, mais la mode est lancée et la tradition se poursuit jusqu’à la guerre. Les filles jumelles du très célèbre Archer, concessionnaire à Aldershot et grand mécène de maintes réalisations spéciales s’y distinguent particulièrement. Joan et Thelma Archer ont tanné leurs cuirs pour battre nombre de records sur longue distance sur un 98 cm3 culbuté à moteur Atom-Jap. Le 27 octobre 1939, sur l’autodrome de Brooklands, elles battent huit records mondiaux sur 80 et 100 km, 80 et 100 miles, et deux et trois heures en deux catégories différentes avec une moto spéciale construite par leur père sur la base de ce moteur Jap.

Le London Ladies Motor Club, présente ses participantes en 1926. A droite, les sœurs Joan et Thelma Archer.

Le London Ladies Motor Club, présente ses participantes en 1926. A droite, les sœurs Joan et Thelma Archer.

Thelma Archer au guidon de son « Archer spéciale » lors des records 29 octobre 1939

Thelma Archer au guidon de son « Archer spéciale » lors des records 29 octobre 1939

Grand mère Brin…

Non, il n’y a pas que des collectionneurs barbus et des motards velus. La gent féminine a aussi sa place sur deux roues et vous ne verrez certainement aucun inconvénient à ce qu’une rubrique spéciale leur rende hommage avec un album photo qui se complétera au fil des jours et qui risque de devenir fort volumineux… Place aux belles motardes de tous âges et de tous temps qui nous prouvent qu’on peut être femme et bien rouler…

Grand-mère Brin sur Styl'son 1000 à moteur Jap et side-car Faurné - environ 1930

Grand-mère Brin sur Styl’son 1000 à moteur Jap et side-car Faurné – environ 1930. Photo prise à Chambie, un village de la Loire (42)

1979 : un motard de la police s’arrête à Moto Journal où je sévissais… et même pas pour nous contrevenir. Sous l’uniforme se cachait Gilles Brin vainqueur de la catégorie Promosport 1000 sur Suzuki GS1000 en équipe avec Gérard Duval en 1978. Discussion de comptoir, je luis demande à tout hasard si sa grand-mère faisait du vélo… et bien du vélo, non, mais de la moto, oui et Gérard m’a apporté derechef quelques photos de son beau brin de grand-mère vers 1928 au guidon d’un 350 Griffon G505S (sœur jumelle de la P105 Peugeot) ou deux ans plus tard avec une sublime et rarissime Styl’son 1000 cm3 V twin à moteur JAP culbuté et side-car Faurné… une merveille

Sur une Griffon 500 toujours vers 1930

Sur une Griffon 350 vers 1928

Femmes Brin1

Midual 2015 : un bel héritage

Fanatique des motos hors normes Moto-Collection.org ne pouvait passer sous silence la nouvelle et étonnante Midual, a fortiori parce que ce n’est pas tous les jours que naît une nouvelle moto française. La dernière était la Voxan, voici 15 ans!

Autre bonne raison et non des moindres pour nous pencher sur cette moto angevine de prestige: la technique, originale en tous points. 

Le moteur pour commencer, un flat twin disposé en long. Sauf erreur, on avait pas vu ça depuis les années 20 avec entre autres, les très célèbres Douglas. Le moteur boxer parfaitement équilibré réunit pourtant nombre d’avantages et cette disposition n’a pour incidence qu’un allongement de l’empattement encore que celui de la Midual égale plus ou moins celui de la Yamaha FJR 1300 : 1505 contre 1545 mm.

Nouveau chapitre à rajouter à la longue série de mes douze articles parus en 2013 dans LVM et consacrés aux motos à partie cycle en alliage léger : L’autre grosse particularité de la Midual est en effet son cadre coque-réservoir en aluminium coulé, une somptueuse réalisation aussi sophistiquée qu’onéreuse et une spécialité bien française, car les seules autres motos connues pour avoir choisi cette technique sont les MGC, les plus luxueuses et les plus belles des motos françaises des années trente, fabriquées par Marcel Guiguet dans l’Isère à Corbelin. Ironie de l’histoire, il semble bien que les coques des répliques de MGC récemment fabriquées par Raymond Schneider et celles des Midual sortaient des mêmes fonderies !

Pour tout savoir sur la Midual, je ne saurais trop vous conseiller une visite sur le site de notre nouvelle marque nationale : http://www.midual.com

Une MGC 350 à moteur Jap de 1933 face à la Midual 1000 de 2015

Une MGC 350 à moteur Jap de 1933 face à la Midual 1000 de 2015

Plus de 80 ans séparent ces deux coques-réservoir d'une MGC petit châssis et de la Midual 2015, une filiation qui se retrouve dans la technique, dans les formes et même dans l'agencement avec les compteurs intégrés dans le dessus de la coque.

Plus de 80 ans séparent ces deux coques-réservoir d’une MGC petit châssis et de la Midual 2015,

une filiation qui se retrouve dans la technique, dans les formes et même dans l'agencement avec les compteurs intégrés dans le dessus de la coque.

une filiation qui se retrouve dans la technique, dans les formes et même dans l’agencement avec les compteurs intégrés dans la coque-réservoir.